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L’OMS recommande l’utilisation de médicaments contre le diabète pour traiter l’obésité | Santé

by Sophie Martin

Publié le 2 décembre 2025 19:05:00. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande pour la première fois l’utilisation de médicaments initialement conçus pour traiter le diabète dans la prise en charge de l’obésité, une maladie en forte expansion qui touche près d’un milliard de personnes à travers le monde.

  • L’OMS intègre pour la première fois des thérapies à base de peptides de type glucagon-1 (GLP-1) à sa liste de médicaments essentiels.
  • L’obésité est désormais reconnue comme une maladie chronique nécessitant une prise en charge à long terme, combinant traitements médicamenteux et changements de mode de vie.
  • Cette recommandation intervient alors que le coût économique mondial de l’obésité est estimé à 3 milliards de dollars (environ 2,59 milliards d’euros) par an d’ici 2030.

Dans une première mondiale, l’Organisation mondiale de la santé a officiellement recommandé l’élargissement de l’utilisation d’une classe de médicaments initialement développés pour le traitement du diabète et la perte de poids, afin de lutter contre l’obésité. Cette décision, annoncée ce lundi, marque un tournant dans la prise en charge de cette maladie chronique qui affecte une part croissante de la population mondiale.

Le premier guide de l’OMS sur les thérapies utilisant les peptides de type glucagon-1 (GLP-1) – incluant des médicaments comme le sémaglutide – préconise leur utilisation chez les adultes souffrant d’obésité, dans le cadre d’une approche globale. Cette approche doit impérativement inclure une alimentation équilibrée, une activité physique régulière et un suivi médical personnalisé.

L’OMS souligne que l’obésité est une « maladie chronique et récurrente » qui touche des individus de tous les pays et est associée à 3,7 millions de décès dans le monde en 2024. Sans mesures urgentes, le nombre de personnes obèses devrait doubler d’ici 2030, avec des conséquences sanitaires et économiques majeures.

Cette nouvelle liste de médicaments essentiels de l’OMS comprend actuellement 532 thérapies considérées comme indispensables pour un système de santé universel et accessible. La position de l’organisation, selon laquelle l’accès à ces traitements doit être universel et financièrement abordable, devrait guider les politiques publiques et améliorer les résultats en matière de santé.

« Nos nouvelles lignes directrices reconnaissent que l’obésité est une maladie chronique qui peut être traitée avec des soins complets tout au long de la vie. »

Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS

Le directeur général de l’OMS a précisé que, bien que les médicaments seuls ne suffisent pas à résoudre la crise sanitaire mondiale que représente l’obésité, « les thérapies GLP-1 peuvent aider des millions de personnes à surmonter cette maladie et à réduire ses effets néfastes ». Il a également insisté sur la nécessité d’une stratégie globale reposant sur trois piliers : la création d’environnements plus sains grâce à des politiques publiques efficaces, la protection des personnes à risque par la détection et l’intervention précoces, et la garantie d’un accès à des soins personnalisés et continus pour les personnes vivant avec l’obésité.

Les thérapies GLP-1, qui comprennent le sémaglutide, le liraglutide et le dulaglutide, agissent en améliorant le contrôle de la glycémie, en réduisant l’appétit et en favorisant la perte de poids. Selon le directeur général de l’OMS : Ces nouveaux médicaments constituent un outil clinique puissant qui offre un espoir à des millions de personnes.

Les nouvelles recommandations de l’OMS, basées sur des preuves « de certitude modérée », concernent l’utilisation de ces thérapies dans le traitement à long terme (plus de six mois) de l’obésité chez l’adulte, à l’exception des femmes enceintes. Cependant, l’OMS reconnaît que des données supplémentaires sont nécessaires concernant leur utilisation à long terme, leur maintien et leur arrêt, ainsi que leurs coûts actuels et les implications potentielles en matière d’équité.

L’obésité est un facteur de risque majeur de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2 et de certains cancers, aggravant ainsi les conséquences des maladies infectieuses. Outre les impacts sur la santé, l’OMS estime que le coût économique mondial de l’obésité atteindra 3 milliards de dollars (environ 2,59 milliards d’euros) par an d’ici 2030.

Au Portugal, ces thérapies ne sont actuellement remboursées par le Service National de Santé (SNS) que pour les patients diabétiques. Selon les données de l’Infarmed – Autorité Nationale des Médicaments et des Produits de Santé – la classe thérapeutique des antidiabétiques a enregistré la dépense la plus importante pour le SNS entre janvier et septembre de cette année, avec 354,6 millions d’euros.

L’utilisation détournée de certains médicaments remboursés contre le diabète par des personnes souhaitant perdre du poids a déjà entraîné des problèmes de pénurie sur le marché pour les patients diabétiques. En réponse, l’Infarmed a annoncé en janvier un « processus étendu » d’audits et d’inspections de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement de certains médicaments contre le diabète.

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