Home SantéL’IA révèle l’invisible aux médecins – DW – 12/02/2025

L’IA révèle l’invisible aux médecins – DW – 12/02/2025

by Sophie Martin

Publié le 2024-05-03 14:35:00. Une nouvelle intelligence artificielle promet d’améliorer significativement la détection précoce du cancer du sein, en affinant l’évaluation du risque individuel et en permettant un dépistage plus ciblé, notamment grâce à l’imagerie par résonance magnétique (IRM).

  • Environ 2,3 millions de nouveaux cas de cancer du sein sont diagnostiqués chaque année dans le monde, entraînant le décès d’environ 670 000 femmes.
  • Une IA analyse les mammographies pour prédire avec plus de précision le risque de développer un cancer du sein dans les cinq prochaines années.
  • Les femmes identifiées comme étant à haut risque par l’IA développent un cancer du sein quatre fois plus souvent que celles considérées comme étant à faible risque.

Malgré les progrès du dépistage par mammographie, le cancer du sein reste la principale cause de décès par cancer chez les femmes. Selon Christiane Kuhl, directrice du département de radiologie de l’hôpital universitaire RWTH d’Aix-la-Chapelle, la mammographie ne permet pas toujours de détecter les tumeurs suffisamment tôt, en particulier les formes agressives à croissance rapide.

Aujourd’hui, une avancée technologique majeure offre une nouvelle perspective. Un modèle d’intelligence artificielle (IA) est capable d’analyser les images mammographiques et de classer avec une grande précision le risque de chaque patiente de développer un cancer du sein dans les cinq années à venir. Les résultats sont prometteurs : les femmes classées à haut risque par cet algorithme ont développé un cancer du sein quatre fois plus souvent que celles pour lesquelles l’IA a évalué un risque normal.

« Grâce à cette IA, nous pouvons prédire avec beaucoup plus de précision qu’une personne donnée développera un cancer du sein au cours des cinq prochaines années, sur la base de mammographies qui semblent normales et ne montrent aucun signe de cancer du sein »

Christiane Kuhl, directrice du département de radiologie de l’hôpital universitaire RWTH d’Aix-la-Chapelle

Actuellement, les recommandations officielles préconisent un dépistage par mammographie tous les deux ans pour les femmes âgées de 50 à 75 ans. Cependant, le risque varie considérablement d’une femme à l’autre. Christiane Kuhl plaide pour une approche plus personnalisée, soulignant que la précision de la mammographie est influencée par la densité du tissu mammaire : plus le tissu glandulaire est dense, plus le risque de cancer est élevé et moins la mammographie est performante.

Depuis quelques années, il est déjà conseillé de proposer une imagerie par résonance magnétique (IRM) aux femmes présentant une densité mammaire particulièrement élevée, afin d’améliorer la détection précoce. Le système Clairity Breast AI, développé par le consortium Clairity, un partenariat international regroupant 46 centres de recherche en Amérique du Nord, du Sud, en Allemagne et au Canada, vise à identifier précisément les femmes qui pourraient bénéficier de cet examen complémentaire.

Le modèle d’IA a été entraîné à partir de centaines de milliers de mammographies provenant d’Amérique du Nord, d’Amérique du Sud et d’Europe. Contrairement aux modèles de risque traditionnels, il ne nécessite pas d’informations sur les antécédents familiaux, la génétique ou le mode de vie, se basant uniquement sur l’analyse de la mammographie pour calculer la probabilité de développer un cancer du sein et classer les patientes en catégories de risque.

L’IA prend en compte non seulement la quantité de tissu glandulaire, mais aussi sa texture, un autre facteur important dans l’évaluation du risque. Selon Christiane Kuhl, « Seul un peu plus de 10 % des femmes ont un tissu glandulaire extrêmement dense. La plupart des femmes qui développent un cancer du sein et qui sont diagnostiquées tardivement ont un tissu moins dense ». L’intérêt majeur de cette technologie réside dans sa capacité à déterminer en quelques secondes si une patiente a besoin ou non d’une IRM pour un dépistage plus approfondi.

Si le dépistage du cancer du sein commence généralement à 50 ans, en raison de l’augmentation significative du risque avec l’âge, les jeunes femmes, bien que moins souvent touchées, ont tendance à développer des tumeurs plus agressives. Christiane Kuhl estime qu’une détection précoce pourrait être particulièrement bénéfique pour cette population.

« Si on abaisse simplement l’âge des femmes invitées à la mammographie, on ne change rien au problème de fond. »

Christiane Kuhl, directrice du département de radiologie de l’hôpital universitaire RWTH d’Aix-la-Chapelle

Elle préconise une approche en deux étapes : une mammographie initiale suivie d’une analyse par IA pour évaluer le risque individuel sur les cinq prochaines années. En cas de risque élevé, une IRM serait alors proposée, rendant la mammographie supplémentaire inutile.

(os/cp)

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