Un quart des adultes en Corée du Sud éprouvent des difficultés à utiliser les outils numériques pour gérer leur santé, révélant une fracture numérique qui pourrait creuser les inégalités d’accès aux soins. Cette lacune en matière de compétences numériques, particulièrement marquée chez les seniors et les populations vulnérables, soulève des inquiétudes quant à l’efficacité des nouvelles technologies de santé.
Une étude récente, publiée dans la revue Journal of Medical Internet Research, a mis en évidence cette problématique. Menée auprès de 1 041 adultes à travers le pays, l’enquête a révélé qu’environ 28 % des participants (289 personnes) présentent un niveau de « faible compétence » en matière de littératie en santé numérique. Le score moyen de ce groupe était de seulement 31,5 points sur 100, contrastant fortement avec les 90,3 points obtenus par les 72,2 % des participants considérés comme « hautement compétents ».
L’étude, menée par les professeurs Joo-hee Cho et Jeong-hee Yoon, s’est appuyée sur un outil d’évaluation développé par leur équipe, le DHTL-AQ (Digital Health Literacy Assessment Questionnaire). Cet outil évalue la capacité des individus à utiliser des applications mobiles, à rechercher des informations de santé en ligne, à évaluer la fiabilité des sources et à faire des choix éclairés.
Les résultats montrent que les personnes âgées de plus de 60 ans, celles disposant de revenus mensuels inférieurs à 2 millions de wons (environ 1 500 euros), et les chômeurs sont particulièrement touchés. Parmi les personnes de plus de 60 ans interrogées, seulement 22 % (55 personnes sur 250) ont été classées comme ayant des compétences élevées.
Les difficultés se manifestent concrètement dans l’utilisation des outils numériques. Seulement 19,4 % des personnes du groupe « faible compétence » ont réussi à trouver une application de santé pertinente, et à peine 17 % ont pu finaliser leur inscription. « Nous avons confirmé qu’il existe une lacune dans la capacité à comprendre et à utiliser de manière critique les informations sur la santé », explique le professeur Cho.
Face à cette situation, les chercheurs insistent sur la nécessité d’une approche globale. Ils préconisent des formations personnalisées aux compétences numériques pour les populations vulnérables, la conception d’applications plus intuitives et simplifiées, et la mise en place d’un système de vérification de la fiabilité des informations de santé disponibles en ligne. Au-delà de la simple fourniture d’appareils, un accompagnement personnalisé et un renforcement de l’accessibilité aux services de santé numériques sont essentiels.
« À l’ère du numérique, la capacité d’utiliser la technologie est la capacité de maintenir la santé », souligne le professeur Cho. « J’espère que les discussions sur le soutien politique aux personnes vulnérables deviendront plus actives. »
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