Oslo, le 4 décembre 2025 – Le gouvernement norvégien a annoncé un nouveau report de quatre ans dans l’ouverture de ses fonds marins à l’exploitation minière, renvoyant ainsi à après 2029 la possibilité d’attribuer les premières licences. Cette décision, fruit d’un compromis politique difficile, intervient alors que la Norvège était sur le point de devenir le premier pays européen à autoriser une telle activité.
L’accord conclu dans la nuit du 2 au 3 décembre, oblige le gouvernement minoritaire à renoncer à lancer un premier appel d’offres pour l’exploitation des minerais des fonds marins durant la législature en cours, qui se termine en 2029. En 2024, le Parlement norvégien avait pourtant donné son feu vert pour l’exploration d’une zone de 280 000 kilomètres carrés – une superficie supérieure à celle du Royaume-Uni – ouvrant la voie à une exploitation commerciale des ressources sous-marines.
Ce projet suscite une vive controverse. De nombreux scientifiques et défenseurs de l’environnement mettent en garde contre les risques de perturbation, voire de destruction, d’écosystèmes marins profonds encore largement inconnus. Le gouvernement norvégien justifie sa démarche par la nécessité de diversifier ses sources d’approvisionnement en minéraux essentiels, notamment pour soutenir la transition énergétique et l’industrie de la défense, et de ne pas dépendre de pays comme la Chine, leader mondial dans ce domaine.
L’exploitation envisagée porte sur des ressources telles que le cuivre, le cobalt, le zinc et certains éléments de terres rares, indispensables à la fabrication de batteries, d’éoliennes, d’ordinateurs et de téléphones portables. Selon les autorités norvégiennes, le plateau continental du pays recèlerait d’importants gisements.
Ce report de quatre ans est le résultat de pressions exercées par les petits partis de gauche et écologistes, dont le soutien est crucial pour assurer une majorité parlementaire. Afin de faire adopter son projet de budget pour 2026, qui doit être examiné ce vendredi, le gouvernement a dû céder à leurs exigences. Les derniers partenaires de coalition se sont ralliés à un projet de budget conditionné à ce report de l’ouverture des fonds marins à l’exploration minière, garantissant ainsi son adoption.
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