Publié le 4 décembre 2025 à 05h43. Les services de santé pour la petite enfance dans la région de Hollands Midden sont confrontés à des difficultés majeures, entraînant une réduction des prestations et des inquiétudes quant au suivi des enfants vulnérables.
- Des centres de santé pour la jeunesse ont fermé ou réduit leurs services en raison d’une pénurie de personnel et d’un absentéisme élevé.
- Seules les prestations obligatoires, comme les vaccinations, sont maintenues dans certains cas.
- Une baisse de financement des municipalités est pointée du doigt comme l’une des causes de cette crise.
La région de Hollands Midden est confrontée à une crise dans ses services de santé pour la petite enfance. Les problèmes, liés à un manque de personnel important, à un taux d’absentéisme élevé et à des coupes budgétaires, ont conduit à une réduction significative des prestations offertes aux familles. Des communes comme Katwijk, Noordwijk, Noordwijkerhout, Hillegom, Lisse et Teylingen ont déjà vu leurs services réduits, et les conséquences commencent à se faire sentir dans d’autres municipalités de la région.
Pour de nombreux parents, la consultation régulière avec un professionnel de santé pour leur enfant est un rituel essentiel : suivi du poids et de la croissance, examens de développement, vaccinations… Ces moments, qui semblent acquis, sont désormais menacés. Dans la commune de Teylingen, le Centre de jeunesse et de famille de Sassenheim a fermé ses portes début novembre, initialement pour une période de six mois, obligeant les habitants à se rendre à Voorhout pour les prestations obligatoires. Les services supplémentaires, tels que le suivi du développement et le soutien aux familles vulnérables, ont été suspendus.
Selon Dennis Christmas, directeur de Hecht, l’organisation qui fournit les soins de santé pour la jeunesse dans la région, la situation est due en partie à un absentéisme important du personnel. Environ 50 % des employés de Teylingen sont actuellement en congé pour maladie ou autres raisons.
« Traditionnellement, nous travaillons avec de petites équipes dans le domaine des soins de santé pour les jeunes. Cela doit changer. »
Dennis Christmas, directeur de Hecht
Hecht, qui regroupe les services de santé pour la jeunesse, le service d’ambulance et une maison d’accueil pour victimes de violence, est financé par les dix-huit municipalités de la région. Or, ces dernières ont vu leurs budgets alloués par le gouvernement central diminuer, ce qui a entraîné une réduction de financement pour Hecht, d’un peu moins de trois millions d’euros. Cette situation a conduit à une réorganisation majeure l’année dernière, avec la non-reconduction de contrats temporaires et une nouvelle organisation du travail.
Cette réorganisation a engendré du stress parmi le personnel, poussant de nombreux employés à chercher un emploi plus stable. De plus, Hecht évite d’embaucher des indépendants par crainte de requalification par les services fiscaux. L’utilisation intensive des congés de maternité et parentaux aggrave encore la situation, laissant des postes vacants difficiles à pourvoir. L’absentéisme pour cause de maladie a également augmenté, créant un cercle vicieux.
Hecht prévoit de mettre en place une nouvelle organisation du travail, basée sur des équipes plus importantes et une plus grande flexibilité. Des bureaux plus petits ont déjà été fermés à Gouda et Krimpenerwaard pour renforcer les équipes dans les centres restants. L’objectif est de permettre aux professionnels de se déplacer entre les différents centres de la région, par exemple en affectant des infirmières de Gouda à Alphen aan den Rijn.
Cependant, cette nouvelle organisation pourrait entraîner la disparition de certaines prestations supplémentaires, comme les visites à domicile des infirmières familiales, qui sont souvent les premières à identifier les problèmes chez les enfants. Ces visites ne seront désormais plus proposées que si les municipalités acceptent de financer un supplément.
La clinique de croissance et de développement de l’hôpital Groene Hart avait également été menacée de fermeture, mais a finalement obtenu des fonds supplémentaires des municipalités, évitant ainsi sa disparition.
Hecht craint que ces mesures ne conduisent à une détection tardive des problèmes chez les enfants, nécessitant des soins plus importants et plus longs à terme. L’organisation espère que les écoles, les clubs sportifs et autres organisations pourront signaler les enfants en difficulté. Dennis Christmas souligne que la responsabilité finale incombe aux municipalités :
« La municipalité est le directeur. »
Dennis Christmas, directeur de Hecht
Hecht est actuellement à la recherche de nombreux collaborateurs, notamment des infirmières formées pour prendre en charge certaines tâches habituellement réservées aux médecins. Un plan de révision de l’ensemble de la méthode de travail est en cours d’élaboration. Dennis Christmas ne considère pas la situation comme une crise, mais reconnaît que les équipes sur le terrain la vivent ainsi.