Publié le 4 décembre 2025 à 02h40. Des changements subtils dans les habitudes de conduite, comme la réduction des trajets ou le choix d’itinéraires familiers, pourraient signaler un déclin cognitif précoce, ouvrant la voie à une détection plus rapide des risques liés à la santé et à la sécurité routière.
- Une étude de l’Université de Washington à Saint-Louis révèle que les habitudes de conduite peuvent être un indicateur précoce de troubles cognitifs.
- L’analyse des données GPS combinée aux tests cognitifs standards permet d’identifier avec précision le déclin cognitif dans 87 % des cas.
- Les chercheurs espèrent que cette approche permettra une intervention précoce pour réduire les risques d’accidents de la route.
Des chercheurs américains ont découvert que les modifications du comportement au volant pourraient constituer un signal d’alerte précoce concernant la santé cognitive. L’étude, publiée dans la revue Neurologie, suggère que les personnes présentant un léger trouble cognitif (MTC) ont tendance à adopter des habitudes de conduite plus conservatrices, limitant leurs déplacements et privilégiant les itinéraires qu’elles connaissent bien.
L’équipe de l’Université de Washington à Saint-Louis a analysé les données de conduite de 56 personnes déjà diagnostiquées avec un MTC, un précurseur possible de la maladie d’Alzheimer, et les a comparées à celles de 242 individus d’âge et de profil démographique similaires, ne présentant pas de troubles cognitifs. L’âge moyen des participants était de 75 ans. Les données, enregistrées automatiquement par les véhicules sur une période pouvant aller jusqu’à 40 mois, ont été croisées avec les résultats de tests standard évaluant la mémoire, l’attention et les fonctions exécutives.
Les résultats ont révélé que les personnes atteintes de MTC conduisaient moins fréquemment, se rendaient moins souvent à différents endroits et empruntaient des itinéraires plus simples, tout en accélérant moins. L’analyse des seules données de conduite a permis d’identifier correctement les individus atteints de MTC dans 82 % des cas. Les chercheurs soulignent que cette autorégulation tend à se produire avec l’âge, mais qu’elle constitue également un indicateur prometteur de déclin cognitif.
Selon le Dr Ganesh Babulal, neurologue et chercheur principal de l’étude :
« L’identification précoce des conducteurs âgés susceptibles d’être impliqués dans des accidents est une priorité de santé publique, mais repérer les personnes qui ne sont plus en sécurité est un défi qui prend du temps. »
Ganesh Babulal, chercheur en neurologie
Il ajoute :
« Nous avons découvert qu’en utilisant un dispositif de suivi des données GPS, nous pouvions déterminer avec plus de précision qui avait développé des problèmes cognitifs, plutôt que de nous baser uniquement sur des facteurs tels que l’âge, les résultats des tests cognitifs et la présence d’un facteur de risque génétique lié à la maladie d’Alzheimer. »
Ganesh Babulal, chercheur en neurologie
Les chercheurs prévoient d’étendre leurs recherches à des groupes plus larges et plus diversifiés, en intégrant d’autres données pertinentes telles que le type de véhicule, la zone géographique et d’autres conditions médicales. L’objectif est de développer un outil de dépistage précoce plus précis et plus accessible, permettant une intervention rapide et personnalisée pour les conducteurs à risque.
Cette approche pourrait permettre d’identifier plus tôt les conducteurs à risque et de mettre en place des mesures préventives avant qu’un accident ne se produise, ce qui est souvent le déclencheur actuel des interventions. Cependant, les chercheurs insistent sur la nécessité de respecter l’autonomie, la vie privée et le droit à l’information des individus, ainsi que de garantir le respect des normes éthiques.
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