Home SantéPrès de 240 000 heures : la « dure charge de travail » du département.

Près de 240 000 heures : la « dure charge de travail » du département.

by Sophie Martin

Les employés du district de Grafschaft Bentheim accumulent en moyenne 238 000 heures de travail chaque jour, un rythme soutenu qui inquiète les syndicats face aux projets gouvernementaux de flexibilisation des horaires.

Selon l’Institut Pestel, cette charge de travail considérable concerne tous les secteurs d’activité : artisanat, industrie, services et commerce. Peter Buddenberg, directeur général du syndicat Food-Gourmet-Gaststätten (NGG) pour la région d’Osnabrück, dénonce une situation déjà difficile, exacerbée par les heures supplémentaires et le travail posté. « Le travail en équipes successives – matin, jour, soir, nuit – est particulièrement éprouvant pour de nombreux salariés », explique-t-il.

M. Buddenberg critique vivement la volonté du gouvernement fédéral de remettre en question la journée de travail de huit heures. « Le gouvernement veut abolir la journée de 8 heures. À l’avenir, des équipes de 12 heures devraient être possibles. Cela ne devrait en aucun cas se produire », a-t-il déclaré. Le syndicaliste met en garde contre les conséquences néfastes d’une telle mesure sur la santé des travailleurs. « Les salariés paieraient cela très cher – de leur santé », affirme-t-il.

Le NGG appelle ses adhérents à soutenir la campagne nationale de la Confédération allemande des syndicats (DGB) intitulée « Au pouvoir pour les 8 ». Le syndicat met en garde contre les risques liés à une trop forte concentration de travail. « Quiconque travaille régulièrement plus de dix heures par jour ou plus de 40 heures par semaine le remarquera à un moment donné : cela commence par des maux de tête et des étourdissements », précise M. Buddenberg.

Les troubles digestifs et les problèmes de sommeil sont également fréquemment observés chez les personnes travaillant de longues heures. Les horaires irréguliers, notamment les quarts de travail matinaux, tardifs et de nuit, perturbent l’horloge biologique et augmentent le niveau de stress. Par ailleurs, la sécurité au travail est compromise. « Le risque d’accident augmente fortement après huit heures de travail. La fatigue s’installe, la concentration diminue. Travailler dix heures consécutives ou plus est très risqué. À partir de la douzième heure, on observe statistiquement deux fois plus d’accidents qu’au cours d’une journée de huit heures », explique-t-il.

Des études médicales du travail citées par M. Buddenberg établissent un lien entre les longues heures de travail hebdomadaires et le risque d’accident vasculaire cérébral. Ce risque augmente de 10 % pour une semaine de travail de 41 à 48 heures et de 33 % pour 55 heures ou plus.

Le NGG plaide donc pour une « loi sur le temps de travail sans intervention ». « Une bonne protection de la santé implique une réglementation stricte de la durée maximale de travail quotidienne : personne n’est autorisé à modifier la journée de 8 heures. Quiconque supprime de la loi la durée maximale quotidienne de travail porte atteinte à un pilier central de la santé et de la sécurité au travail », conclut Peter Buddenberg.

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