Publié le 4 décembre 2025 à 14h49. La circulation du virus respiratoire syncytial (VRS) est en hausse en Europe et en Roumanie, suscitant l’inquiétude des autorités sanitaires, notamment pour les jeunes enfants, les personnes âgées et les individus souffrant de comorbidités.
- Le VRS, bien que souvent bénin, peut entraîner des complications graves nécessitant une hospitalisation, en particulier chez les nourrissons de moins de six mois.
- Pour la première fois, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a émis une recommandation en 2025 en faveur de la vaccination contre le VRS pour les femmes enceintes et les adultes vulnérables.
- Les pneumologues, médecins généralistes et pédiatres sont appelés à la vigilance et à intégrer le VRS dans leur diagnostic différentiel.
Face à l’augmentation observée des infections respiratoires en Europe, la Société Roumaine de Pneumologie tire la sonnette d’alarme concernant la recrudescence du virus respiratoire syncytial (VRS) sur le territoire national. Le rapport hebdomadaire du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) de novembre 2025 confirme une tendance à la hausse des cas à l’échelle continentale.
Selon le Professeur Florin Mihălțan, Président de la Société Roumaine de Pneumologie, « derrière ces chiffres se cachent des réalités incontournables : chaque année, plus de 5 000 lits de nourrissons de moins de 6 mois sont occupés par des enfants hospitalisés à cause du VRS. C’est un virus qui peut ressembler à un simple rhume, mais il peut entraîner des affections graves. Il existe aujourd’hui des options modernes de prévention, notamment la vaccination. La vaccination contre le VRS est recommandée aux femmes enceintes afin de protéger les nourrissons et les adultes vulnérables, c’est-à-dire ceux atteints de maladies chroniques et les personnes âgées. Alors que les températures baissent et que les virus respiratoires reprennent la circulation, il est essentiel d’utiliser tous les outils de protection à notre disposition ».
Le VRS est un agent respiratoire courant, particulièrement chez les jeunes enfants, où il se manifeste souvent par des symptômes similaires à ceux d’un rhume. Cependant, il peut évoluer vers une bronchiolite ou une pneumonie, surtout chez les enfants de moins de deux ans ou les prématurés. Chez les adultes, en particulier les personnes âgées, celles atteintes de maladies pulmonaires chroniques, de maladies cardiaques ou d’une immunodépression, le VRS peut aggraver les symptômes et entraîner des complications nécessitant une hospitalisation.
Bien que l’activité du virus soit actuellement considérée comme « faible » en Roumanie, la tendance à la hausse est bien engagée. Les professionnels de santé sont donc appelés à la vigilance et à une collaboration étroite entre les services de pédiatrie et d’infectiologie pour les cas les plus graves. Il est crucial que le système de santé roumain se prépare à une éventuelle surcharge des services pendant les mois d’hiver, si des mesures préventives adéquates ne sont pas mises en place.
Les recommandations adressées aux pneumologues, médecins généralistes et pédiatres insistent sur l’importance d’intégrer le VRS dans le diagnostic différentiel des infections respiratoires, en particulier chez les patients à risque. Une surveillance attentive de l’évolution clinique, notamment la recherche de signes de détresse respiratoire, est également primordiale. Enfin, l’éducation des parents et des patients vulnérables aux mesures préventives – hygiène des mains, évitement des contacts avec les personnes malades, aération des locaux, isolement en cas de symptômes – est essentielle.
Pour la population, les recommandations sont les suivantes : une attention particulière aux symptômes respiratoires chez les jeunes enfants (toux, difficultés respiratoires, respiration sifflante, perte d’appétit, manque d’énergie), l’évitement de l’exposition des enfants à la fumée de cigarette et aux espaces bondés, et la surveillance de toute infection respiratoire chez les adultes souffrant de maladies chroniques. Il est également conseillé de maintenir un climat intérieur sain grâce à une ventilation régulière et à une humidité optimale.
Le Professeur Mihălțan a également souligné que, conformément aux nouvelles recommandations du guide GOLD 2026, la vaccination contre le VRS devient désormais un élément essentiel de la stratégie de prévention des patients atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), au même titre que les vaccins contre la grippe et le pneumocoque. Cette recommandation est basée sur des données récentes démontrant que les vaccins contre le VRS réduisent le risque d’infections respiratoires et d’exacerbations de la maladie chez les patients présentant des comorbidités cardio-pulmonaires.
Alors que la saison froide s’installe, l’augmentation de la circulation du VRS est un phénomène prévisible, mais gérable si des mesures appropriées sont prises en temps voulu. La Société Roumaine de Pneumologie souligne l’importance d’une collaboration étroite entre les médecins, les autorités sanitaires et le public pour protéger les populations vulnérables contre les risques d’infection par le VRS.