Publié le 24 septembre 2023 18:52:00. Accusé de corruption, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dénoncé un procès qu’il qualifie d’absurde, tout en défendant sa demande de grâce présidentielle. Cette affaire divise profondément l’opinion publique israélienne.
- Benjamin Netanyahu a demandé officiellement sa grâce au président Isaac Herzog, estimant que les poursuites judiciaires divisent le pays.
- L’ancien président américain Donald Trump a également interpellé M. Herzog en faveur d’une grâce.
- Les accusations portent sur des faits de corruption, de favoritisme envers les médias et d’acceptation de cadeaux de luxe.
Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux hier soir, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a violemment attaqué le procès en cours à son encontre, le qualifiant de « procès Bugs Bunny ». Il a illustré ses propos en brandissant une marionnette du célèbre personnage de dessin animé, se moquant d’une pièce à conviction jugée dérisoire par ses défenseurs : une poupée offerte à son fils il y a 29 ans.
« Désormais, ce procès s’appellera le procès Bugs Bunny », a-t-il déclaré, dénonçant une procédure politique visant, selon lui, à le forcer à quitter ses fonctions. M. Netanyahu nie fermement toute implication dans les faits qui lui sont reprochés.
Les accusations portées contre lui sont multiples. Il est notamment soupçonné d’avoir négocié une couverture médiatique favorable avec certains médias israéliens en échange de concessions. Il est également accusé d’avoir accepté, entre 2016 et 2019, pour plus de 260 000 dollars (environ 245 000 euros) de cadeaux de luxe – cigares, bijoux, champagne – offerts par des milliardaires en contrepartie de faveurs politiques.
Une quatrième accusation de corruption avait auparavant été rejetée. M. Netanyahu a minimisé ces cadeaux, les qualifiant de présents offerts par un « ami ». Il a également affirmé que ses tentatives d’obtenir une couverture médiatique positive d’un « site internet de second ordre » n’avaient abouti qu’à une « couverture médiatique la plus haineuse, antagoniste et négative qu’on puisse imaginer en Israël ».
Le procès de M. Netanyahu, qui a débuté en 2019, est sans précédent : il est le premier Premier ministre israélien en exercice à être jugé pour corruption. La procédure l’oblige à comparaître devant le tribunal trois fois par semaine, un rythme qu’il juge incompatible avec ses fonctions de chef du gouvernement.
« Cette farce coûte cher au pays », a-t-il affirmé dans sa vidéo. « Je ne peux pas gérer ça… Alors j’ai demandé pardon. »
Lundi, avant sa dernière comparution devant le tribunal de Tel Aviv, des manifestations rivales ont éclaté devant le palais de justice. Des partisans de M. Netanyahu ont scandé des slogans en sa faveur, tandis que des opposants, vêtus de combinaisons orange évoquant les tenues de prisonniers, réclamaient son incarcération. Cette affaire met en lumière les profondes divisions qui fracturent la société israélienne.