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Les États-Unis cesseront de recommander le vaccin contre l’hépatite B aux nouveau-nés

Publié le 5 décembre 2023 20:01:00. Un comité consultatif nommé par l'administration Trump a recommandé de ne plus systématiquement vacciner les nouveau-nés américains contre l'hépatite B, une décision qui suscite de vives inquiétudes parmi les experts de santé…

Les États-Unis cesseront de recommander le vaccin contre l’hépatite B aux nouveau-nés

Publié le 5 décembre 2023 20:01:00. Un comité consultatif nommé par l’administration Trump a recommandé de ne plus systématiquement vacciner les nouveau-nés américains contre l’hépatite B, une décision qui suscite de vives inquiétudes parmi les experts de santé publique et pourrait remettre en question le calendrier vaccinal dans son ensemble.

  • Le Comité consultatif sur les pratiques d’immunisation (ACIP) a voté en faveur d’une approche individualisée, basée sur le statut de la mère concernant l’hépatite B.
  • Cette décision met fin à une recommandation de vaccination universelle en vigueur depuis 1991, qui avait permis de réduire drastiquement les infections à l’hépatite B chez les nourrissons.
  • La décision intervient dans un contexte de critiques envers l’ACIP, dont la composition a été modifiée par le secrétaire à la Santé Robert F. Kennedy Jr., connu pour ses positions anti-vaccins.

La décision de l’ACIP, adoptée par 8 voix contre 3 après un report d’un jour, marque un tournant majeur dans la politique de vaccination américaine. Désormais, le comité recommande que la vaccination contre l’hépatite B ne soit envisagée qu’après une évaluation individuelle, en concertation avec un professionnel de santé, lorsque la mère n’est pas porteuse du virus. Il est également suggéré d’attendre au moins deux mois avant d’administrer la première dose aux bébés non vaccinés à la naissance.

Jusqu’à présent, les autorités sanitaires américaines, à l’instar de l’Organisation mondiale de la santé et de pays comme la Chine et l’Australie, recommandaient de vacciner tous les nouveau-nés contre l’hépatite B, une maladie virale du foie potentiellement mortelle, pouvant entraîner une cirrhose ou un cancer du foie. Cette stratégie visait principalement à prévenir les infections transmises par des mères infectées, parfois sans le savoir, ou dont les tests étaient incorrects. Grâce à cette politique, les infections à l’hépatite B chez les jeunes Américains avaient été considérablement réduites.

Plusieurs membres de l’ACIP ont justifié leur vote en affirmant qu’il s’agissait d’aligner les pratiques américaines sur celles d’autres pays européens, comme la France et le Royaume-Uni. Cependant, cette interprétation est contestée par de nombreux experts médicaux, qui craignent que les lacunes du dépistage maternel et les difficultés d’accès aux soins aux États-Unis ne conduisent à une baisse de la couverture vaccinale.

L’American Academy of Pediatrics a vivement critiqué cette décision, la qualifiant d’« irresponsable et trompeuse ». Dans un communiqué, sa présidente, Susan J. Kressly, a déclaré :

« Ces directives irresponsables et volontairement trompeuses entraîneront davantage d’infections par l’hépatite B chez les nourrissons et les enfants. »

Les recommandations de l’ACIP ont des implications financières importantes, car elles influencent souvent la prise en charge des vaccins par les assurances maladie aux États-Unis, où le coût d’une vaccination peut atteindre plusieurs centaines de dollars. Le comité prévoit d’entamer un examen plus large du calendrier vaccinal et de la composition des vaccins.

L’influence de l’ACIP est toutefois en déclin, en raison des critiques de la communauté scientifique et médicale, ainsi que de l’annonce par plusieurs États démocrates qu’ils ne suivront pas ses recommandations. Même au sein du parti républicain, des voix s’élèvent pour contester les actions du comité. Le sénateur de Louisiane Bill Cassidy, qui avait voté pour la nomination de Robert F. Kennedy Jr. au poste de secrétaire à la Santé, a condamné la décision de l’ACIP sur X (anciennement Twitter), soulignant que la recommandation initiale n’était « PAS un mandat » vaccinal. Il a appelé les responsables des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) à « ne pas signer ces nouvelles recommandations et plutôt conserver l’approche actuelle fondée sur des preuves ».

Avant le vote, le Dr Cody Meissner, l’un des rares membres dissidents du comité, avait mis en garde contre les conséquences d’une modification des recommandations actuelles :

« Ne pas nuire est un impératif moral. Nous faisons du mal en modifiant cette formulation. »

Les responsables du CDC devraient se prononcer formellement sur ces recommandations dans un avenir proche.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.