Publié le 2024-02-29 10:30:00. Les amicales d’achat immobilier, un dispositif permettant aux acquéreurs de bénéficier de prix réduits, séduisent de plus en plus de Marocains. Mais leur fonctionnement, basé sur la mutualisation des coûts et l’absence de taxes, les rend également vulnérables aux abus et aux conflits.
- Les amicales permettent aux acquéreurs de réaliser des économies de 40 à 60 % grâce à l’absence de Taxe sur les Sociétés (IS), de TVA et de marge promoteur.
- La mauvaise gestion, les retards de chantier et les conflits entre adhérents constituent les principaux risques pour ces structures.
- Une réforme du cadre légal, limitant la taille des opérations et imposant des délais de réalisation, est préconisée pour restaurer la confiance.
Les amicales d’achat immobilier, de plus en plus populaires au Maroc, offrent une alternative intéressante à la promotion immobilière classique. Elles permettent à leurs adhérents d’acquérir un bien à un prix inférieur de 40 à 60 % au marché, grâce à un modèle économique particulier. Ce dispositif repose sur la mutualisation des coûts et l’absence de Taxe sur les Sociétés (IS), de TVA et de marge promoteur, permettant ainsi aux structures de fonctionner « au coût de revient », selon Nawfal Bellakhdar, directeur général d’Akare.ma.
Cette marge financière significative permet souvent aux primo-accédants de se projeter dans l’acquisition d’un bien immobilier plus grand ou mieux situé qu’ils ne pourraient se permettre autrement. Cependant, ce modèle présente des faiblesses.
Nawfal Bellakhdar souligne la vulnérabilité de ces amicales, pointant du doigt le risque systémique lié à une gestion défaillante. Les retards de chantier, les désaccords entre les membres et les problèmes avec les prestataires sont autant de sources de difficultés fréquentes.
« Sans marge promoteur, ces structures sont exposées aux abus et aux conflits, ce qui freine la confiance. »
Nawfal Bellakhdar, directeur général d’Akare.ma
Pour pallier ces risques et redorer l’image du secteur, une réforme du cadre légal s’impose. L’expert préconise notamment de limiter la taille des opérations immobilières afin d’assurer une meilleure gouvernance et d’imposer des délais maximums pour l’achèvement des chantiers. Il propose également une distinction des règles selon la nature des projets : les opérations facilitant l’accès au logement devraient bénéficier d’un régime allégé, tandis que les projets à vocation spéculative, impliquant des changements d’adhérents ou la construction de studios d’investissement, devraient être soumis à un encadrement juridique plus strict.
Selon Nawfal Bellakhdar, un encadrement approprié est la clé pour que les amicales d’achat immobilier puissent devenir un véritable pilier du logement accessible au Maroc.
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