Publié le 6 décembre 2025 à 16h37. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a récemment intégré le sémaglutide, un médicament injectable, à la liste des traitements essentiels contre l’obésité, suscitant un débat sur son utilisation et son accessibilité. Une nutritionniste argentine met en garde contre une prescription trop large et rappelle l’importance d’une approche globale.
- Le sémaglutide, désormais considéré comme un médicament essentiel par l’OMS, pourrait exercer une pression sur les systèmes de santé pour une meilleure couverture.
- La députée et nutritionniste Gisèle Manucci souligne que ce médicament n’est pas adapté à tous les patients et doit être prescrit sur indication médicale précise.
- Une alimentation équilibrée et une activité physique régulière demeurent la base d’un traitement efficace de l’obésité.
L’intégration du sémaglutide (SGD) à la liste des médicaments essentiels de l’OMS pour traiter l’obésité pourrait bien changer la donne en matière de prise en charge de cette maladie. Cette décision pourrait inciter les organismes de santé à élargir la couverture de ce traitement, mais elle soulève également des questions quant à son utilisation appropriée.
La députée et nutritionniste Gisèle Manucci (Députée n° 1 116) appelle à la prudence. Elle estime qu’il est crucial d’éviter une généralisation excessive de la prescription de ce médicament.
« Le sémaglutide n’est pas destiné à tous les patients et ne doit être utilisé que sur indication médicale. »
Gisèle Manucci, Députée et nutritionniste
En dialogue avec AIRE, Manucci explique que les données probantes actuelles concernant l’efficacité du sémaglutide proviennent principalement d’études menées sur des personnes souffrant d’obésité sévère ou morbide, ainsi que sur des patients présentant des comorbidités métaboliques telles que le diabète ou les maladies cardiovasculaires. Il n’existe, à ce jour, aucune étude rigoureuse sur son efficacité chez les personnes souhaitant simplement perdre quelques kilos.
« Ce n’est pas le bon usage », affirme-t-elle sans hésitation lorsqu’on l’interroge sur l’efficacité de l’injection pour une perte de poids générale.
Gisèle Manucci, Députée et nutritionniste
Elle souligne un double problème : une culture de recherche de solutions rapides et la présence de professionnels de santé qui pourraient prescrire ce médicament sans un suivi clinique adéquat.
Les effets secondaires et la durée du traitement : des éléments à considérer
Les effets indésirables du sémaglutide ne doivent pas être négligés. Les troubles gastro-intestinaux, tels que les nausées, les vomissements et la diarrhée, sont fréquents. Des maux de tête ou des migraines peuvent également survenir. Dans des cas plus rares, mais plus graves, une pancréatite ou des problèmes rénaux peuvent se développer. Ces éléments renforcent l’idée que seul un médecin peut évaluer si un patient est un candidat approprié pour ce traitement.
De plus, le sémaglutide est un traitement chronique, comparable à la gestion du diabète ou de l’hypertension. Son arrêt entraîne généralement une reprise de poids, avec une augmentation de la graisse abdominale, touchant jusqu’à deux tiers du poids initialement perdu. Le coût élevé du médicament peut également compliquer la poursuite du traitement à long terme, entraînant un effet rebond déjà documenté par les laboratoires.
Vous pouvez en apprendre davantage sur les nouvelles recommandations de l’OMS concernant les médicaments injectables pour maigrir en consultant cet article.
Retour aux fondamentaux : alimentation et activité physique
Face à cette situation, Manucci insiste sur l’importance de revenir aux bases.
« Les vieilles méthodes fonctionnent », affirme-t-elle.
Gisèle Manucci, Députée et nutritionniste
Une alimentation adéquate et une activité physique régulière restent les piliers d’un traitement métabolique efficace. Même en cas de recours au sémaglutide, ces habitudes saines sont indispensables pour éviter la perte de masse musculaire, qui ralentirait le métabolisme et compromettrait les résultats.
Pour les personnes ne souffrant pas d’obésité ni de comorbidités, mais tentées par ce « médicament miracle », la recommandation est claire : il est préférable de s’abstenir. Il est essentiel de s’informer, de consulter un professionnel de santé, de comprendre les risques et de garder à l’esprit qu’une perte de poids rapide ne garantit pas un maintien durable.
Manucci souligne également l’importance du comportement alimentaire, souvent négligé dans les discussions. Un accompagnement psychologique peut être nécessaire pour modifier les habitudes alimentaires. Dans certains cas, des interventions chirurgicales ou endoscopiques peuvent être envisagées, mais toujours dans le cadre d’une approche interdisciplinaire.
Le message final est simple : il n’existe pas de solution miracle. Les médicaments amaigrissants, y compris le sémaglutide, doivent être prescrits par un professionnel de santé et ne conviennent pas à tous les patients. Les informations fiables ne se trouvent pas sur les réseaux sociaux ou dans les chatbots.
« Les décisions en matière de santé doivent être prises avec des professionnels. »
Gisèle Manucci, Députée et nutritionniste
Sans un accompagnement adéquat et sans un changement d’habitudes de vie, aucun traitement ne sera efficace.

