Home SantéLes porcs et les sangliers nécessitent deux manières différentes d’inoculer le futur vaccin

Les porcs et les sangliers nécessitent deux manières différentes d’inoculer le futur vaccin

by Sophie Martin

Publié le 2024-02-29 14:35:00. Des chercheurs espagnols ont mis au point un appât innovant pour vacciner les sangliers contre la peste porcine africaine (PPA), une maladie dévastatrice pour l’élevage porcin, en attendant la disponibilité d’un vaccin injectable pour les animaux domestiques.

  • Un appât oral, déjà breveté, contenant des aliments pour porcs, de la paraffine, du sucre et de la cannelle, a prouvé son efficacité auprès des sangliers, adultes comme jeunes.
  • La mastication de l’appât est essentielle pour que le vaccin soit efficace, contrairement à ce qui se passe avec les cerfs qui l’ingèrent simplement.
  • Des tests en conditions climatiques variées montrent une conservation de l’appât d’environ une semaine, mais son comportement en milieu très humide reste à évaluer.

Le développement d’une stratégie de vaccination efficace contre la peste porcine africaine est une priorité pour protéger l’élevage porcin, confronté à des pertes économiques considérables. Le Centre de biologie moléculaire Severo Ochoa (Cbmso), relevant du Conseil supérieur de la recherche scientifique (CSIC), travaille activement sur ce dossier. Selon le Dr Yolanda Revilla, responsable des laboratoires ASFV (virus de la peste porcine africaine) au Cbmso, une fois qu’un vaccin sûr et efficace sera disponible, l’ensemble du cheptel porcin sera vacciné à titre préventif.

En attendant, une solution spécifique est en cours de développement pour les sangliers, vecteurs de la maladie. Sabiotec, une entreprise spécialisée, a mis au point un appât oral breveté dès 2014, adaptable à différents vaccins. Gabriela De La Fuente, PDG de Sabiotec, explique que cet appât est composé d’aliments pour porcs, de paraffine pour assurer son intégrité, ainsi que de sucre et de cannelle pour le rendre attractif.

Les tests menés sur la faune sauvage se sont avérés prometteurs. « Nous avons constaté que les sangliers, aussi bien les adultes que les jeunes, consommaient volontiers cet appât, le mâchant avec application », précise Gabriela De La Fuente. Julio Isla, vétérinaire chez Sabiotec, souligne l’importance de cette mastication : « Si l’animal se contente d’avaler l’appât, le vaccin n’aura aucun effet. C’est ce qui se produit avec les cerfs, qui l’ingèrent sans le mâcher. »

L’appât a également été testé dans des conditions climatiques extrêmes, allant du froid intense à la chaleur torride. « Dans ces conditions, nous estimons qu’il se conserve environ une semaine, car les sangliers l’ont toujours consommé auparavant », indique Gabriela De La Fuente. Cependant, l’entreprise reste prudente quant à son comportement en milieu très humide, où sa dégradation pourrait être plus rapide. « Dans des conditions très humides, nous ne savons pas encore comment cet appât biologique va se comporter », reconnaît-elle, soulignant la nécessité d’évaluer sa durée de vie dans ces environnements.

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