Lando Norris a décroché le titre de champion du monde de Formule 1, neuf courses seulement après avoir accusé un retard de 34 points sur son coéquipier Oscar Piastri. Un retournement de situation spectaculaire qui témoigne de sa résilience et d’une évolution constante, tant sur que hors de la piste.
Le début de saison de Norris avait été contrasté. Après une victoire encourageante en Australie, le pilote britannique a peiné à exploiter pleinement le potentiel de sa monoplace. L’arrivée d’Oscar Piastri, qui avait réalisé des progrès significatifs grâce à un travail assidu durant l’intersaison, avait mis en évidence des difficultés pour Norris à trouver les sensations adéquates.
Les améliorations apportées à la voiture pendant l’hiver avaient certes augmenté sa vitesse, mais avaient également introduit un manque de précision au niveau de l’essieu avant, un phénomène décrit par les pilotes comme une « sensation d’engourdissement ». Ce défaut empêchait Norris de tirer pleinement parti des performances de la voiture.
Une modification subtile de la suspension avant, développée pour améliorer le ressenti du pilote, a été introduite lors du Grand Prix du Canada en juin. Si les effets n’ont pas été immédiats, cette intervention a indéniablement marqué un tournant positif dans la trajectoire de Norris.
Norris attribue sa capacité à surmonter les obstacles à l’équipe qui l’entoure : « J’ai une excellente équipe autour de moi, qui me soutient, me guide et m’aide, que ce soit lors d’un week-end réussi ou difficile. Ce sont des personnes qui ont toujours mes meilleurs intérêts à cœur et qui savent me donner la bonne mentalité quand je suis en difficulté », a-t-il déclaré.
Il souligne également une évolution personnelle : « Deux raisons expliquent mes bonnes performances : premièrement, j’ai fait un meilleur travail, je suis donc plus performant plus souvent ; et deuxièmement, je suis plus positif, ou du moins moins négatif, face aux mauvaises journées et aux mauvaises séances d’entraînement. Je crois aussi un peu plus en ma capacité à renverser la situation. »
Le directeur de l’équipe, Andrea Stella, utilise une expression pour décrire cette démarche : « reconnaître l’écart par rapport à la perfection ». Une philosophie qu’il associe à l’approche de Fernando Alonso tout au long de sa carrière. Il s’agit pour chaque pilote, quel que soit son talent, de constamment identifier ses faiblesses et de travailler à les corriger, dans une démarche d’amélioration continue.
En Formule 1, les pilotes ne parlent généralement pas ouvertement de ces aspects, préférant souvent des allusions vagues pour masquer leurs points faibles. Cependant, Lando Norris ne semble pas partager cette réticence.
« Il ne considère pas cela comme une faiblesse, car c’est une personne authentique et sincère », explique un proche collaborateur. « Il n’est même pas dans sa nature de cacher ce processus. »
Il ajoute : « Pour progresser, il faut être confronté à des défis. Lando a certes déjà plusieurs saisons en Formule 1 à son actif, mais il n’a pas eu de multiples saisons dans des conditions lui permettant de prétendre au titre. Son développement a donc été limité par divers facteurs, tels que la performance de sa voiture et son rapport de force avec les autres équipes. Mais lorsqu’il a disposé d’une voiture capable de lutter pour le championnat, son propre développement s’est accéléré pour s’adapter. »
Ce qui laisse présager que le meilleur est encore à venir pour le jeune pilote britannique.
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