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Un site minier potentiel en haute mer abrite de nombreuses nouvelles espèces

Publié le 8 décembre 2025. L’exploitation potentielle des fonds marins pour leurs ressources minérales soulève des inquiétudes croissantes quant à son impact sur des écosystèmes marins profonds encore largement inconnus, comme le révèle une récente étude menée dans…

Un site minier potentiel en haute mer abrite de nombreuses nouvelles espèces

Publié le 8 décembre 2025. L’exploitation potentielle des fonds marins pour leurs ressources minérales soulève des inquiétudes croissantes quant à son impact sur des écosystèmes marins profonds encore largement inconnus, comme le révèle une récente étude menée dans le Pacifique.

  • Des nodules polymétalliques, riches en métaux précieux, attirent l’attention des entreprises minières.
  • Une étude récente a identifié de nouvelles espèces marines dans la zone Clarion-Clipperton, menacées par l’exploitation minière.
  • L’impact de l’exploitation minière sur la biodiversité des grands fonds est moins important que prévu, mais perturbe néanmoins les écosystèmes locaux.

La quête de ressources minérales pour alimenter nos technologies modernes nous pousse à explorer les abysses océaniques. Ces fonds marins, recouverts de sédiments, abritent des concentrations de nodules polymétalliques, véritables trésors contenant du nickel, du cobalt, du cuivre, du manganèse et des terres rares, indispensables à la fabrication de batteries et autres composants technologiques. Cependant, ces mêmes sédiments pourraient dissimuler une biodiversité insoupçonnée, avec des organismes inconnus de la science.

Ces nodules, qui se forment sur des millions d’années par la précipitation d’éléments dissous dans l’eau de mer, ont suscité un intérêt commercial dès les années 1960. Aujourd’hui, l’exploitation de ces ressources est de nouveau à l’ordre du jour, mais elle soulève des questions cruciales quant à son impact environnemental.

Une récente étude, publiée dans Nature, met en lumière les conséquences écologiques de cette exploitation. Les chercheurs ont constaté que l’activité minière peut affecter des espèces avant même qu’elles ne soient découvertes et décrites.

En 2022, un test de faisabilité d’exploitation minière en haute mer a permis de collecter plus de 3 300 tonnes de nodules polymétalliques à une profondeur de près de 4 kilomètres dans la plaine abyssale du Pacifique oriental. La zone ciblée, appelée zone Clarion-Clipperton, située entre Hawaï et le Mexique, est particulièrement riche en nodules. Un véhicule robotisé a parcouru près de 80 kilomètres de fond marin, aspirant les nodules, les sédiments et les organismes qui y étaient fixés via une conduite montante.

Pour évaluer l’impact de cette exploitation, des chercheurs ont mené une étude comparative de la faune des grands fonds avant et après le passage de la machine minière. L’analyse de 80 échantillons de sédiments, réalisée sur une période de deux ans avant et deux mois après l’exploitation, a révélé des changements significatifs dans la composition des communautés marines.

« La recherche a nécessité 160 jours en mer et cinq ans de travail »,

Thomas Dahlgren, biologiste marin et co-auteur de l’Université de Göteborg

L’étude, dont les résultats ont été publiés par l’Université de Göteborg, sera cruciale pour l’Autorité internationale des fonds marins (ISA), l’organisme chargé de réglementer l’exploitation minière dans les eaux internationales.

Les analyses ADN ont permis d’identifier 788 espèces, dont de nombreuses nouvelles espèces de vers à soies marines, de crustacés et de mollusques, notamment des escargots et des moules. Parmi les découvertes les plus remarquables figure Deltocyathus zoemetallicus, un nouveau type de corail solitaire fixé à un nodule polymétallique.

L’étude a montré que l’exploitation minière a entraîné une diminution de 37 % du nombre d’animaux dans les zones perturbées, ainsi qu’une réduction de 32 % de la diversité des espèces. Bien que l’impact ne soit pas aussi dévastateur que craint, il est clair que l’exploitation minière perturbe les écosystèmes des grands fonds.

« Il est désormais important d’essayer de prédire le risque de perte de biodiversité résultant de l’exploitation minière. À l’heure actuelle, nous n’avons pratiquement aucune idée de ce qui vit là-bas. »

Adrian Glover, co-auteur du Natural History Museum de Londres

Il est fort probable que la zone Clarion-Clipperton et d’autres zones riches en ressources minérales abritent encore de nombreuses espèces inconnues. La protection de cette biodiversité fragile est un enjeu majeur pour l’avenir.

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Image principale : Craig Smith / ABYSSLINE

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.