Publié le 9 décembre 2025 10:29:00. Une vaste étude menée en Corée du Sud révèle un lien significatif entre les maladies auto-immunes et un risque accru de démence, soulignant l’importance d’un suivi cognitif précoce pour les patients concernés.
- Les personnes atteintes de maladies auto-immunes présentent un risque de démence 32 % plus élevé que la population générale.
- La maladie d’Alzheimer et la démence vasculaire sont particulièrement associées à l’auto-immunité.
- Les troubles du tissu conjonctif semblent augmenter davantage le risque de déficience cognitive.
Une étude de cohorte à grande échelle, analysant les données de plus de 8,7 millions de personnes sur une période de 17 ans (de 2002 à 2019) grâce au Service national coréen d’assurance maladie, a mis en évidence une corrélation inquiétante entre les maladies auto-immunes et le développement de troubles cognitifs, voire de démence. 8,3 % des participants à l’étude ont finalement été diagnostiqués avec une forme de démence.
Les chercheurs ont constaté que toute maladie auto-immune était associée à une augmentation significative du risque de démence, avec un rapport de risque de 1,32 (intervalle de confiance à 95 % : 1,29-1,35). L’impact était particulièrement marqué pour la maladie d’Alzheimer, avec un risque relatif de 1,36 (intervalle de confiance à 95 % : 1,32-1,40), suivi de la démence vasculaire (risque relatif de 1,21, intervalle de confiance à 95 % : 1,12-1,30) et de la démence non précisée (risque relatif de 1,25, intervalle de confiance à 95 % : 1,18-1,33). Ces résultats suggèrent que l’inflammation chronique pourrait jouer un rôle clé dans le développement de ces pathologies.
L’étude a également évalué l’état cognitif des participants à l’aide d’un outil de dépistage coréen. Les personnes atteintes de maladies auto-immunes avaient 18 % plus de chances d’obtenir un résultat positif au test de dépistage de la démence (rapport de cotes de 1,18, intervalle de confiance à 95 % : 1,12-1,24). Les troubles du tissu conjonctif, tels que la polyarthrite rhumatoïde ou le lupus, semblaient particulièrement liés à des problèmes cognitifs, avec un rapport de cotes de 1,24 (intervalle de confiance à 95 % : 1,15-1,34).
Selon les auteurs, ces données suggèrent que les patients atteints de maladies auto-immunes pourraient présenter des signes de déficience cognitive plus tôt que le reste de la population. Ils insistent sur la nécessité de considérer la démence et le déclin cognitif comme faisant partie intégrante du parcours clinique de nombreuses maladies auto-immunes, et pas seulement des affections neurologiques classiques.
Cette étude renforce l’idée que l’inflammation systémique chronique peut avoir des conséquences néfastes sur la santé cérébrale à long terme. Pour les professionnels de santé prenant en charge des adultes atteints de maladies auto-immunes, en particulier celles de longue durée, ces résultats plaident en faveur d’un dépistage cognitif précoce et d’une discussion ouverte avec les patients sur leur mémoire, leur humeur et leur fonctionnement quotidien.
Bien que l’étude ne puisse établir de lien de causalité direct ni identifier les mécanismes immunologiques précis en jeu, elle souligne l’importance d’une approche intégrée des soins, impliquant la rhumatologie, la neurologie, les soins primaires et la santé mentale. L’intégration systématique d’un dépistage cognitif dans le suivi des patients auto-immuns pourrait permettre une identification précoce des personnes à risque et une mise en place de mesures de soutien et de gestion des facteurs de risque pour préserver leur qualité de vie.
Référence : Lee W et coll. L’axe immuno-neurologique : association entre maladies auto-immunes et risque de démence. Géroscience. 2025;est ce que je :10.1007/s11357-025-01904-2.
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