Home SantéLa malnutrition en Malaisie pourrait être plus grave qu’on ne l’imagine (idées fausses et conseils)

La malnutrition en Malaisie pourrait être plus grave qu’on ne l’imagine (idées fausses et conseils)

by Sophie Martin

La malnutrition, paradoxalement fréquente chez les personnes en surpoids, touche la moitié de la population malaisienne. Un régime déséquilibré, trop riche en sel, sucre et graisses, et pauvre en fruits, légumes et produits laitiers, est pointé du doigt par les experts.

L’enquête nationale sur la santé et la morbidité 2024 révèle une tendance inquiétante : les Malaisiens consomment des quantités excessives de sucre, de sel et de lipides, ce qui favorise l’obésité et augmente les risques de maladies cardiovasculaires et d’accidents vasculaires cérébraux. Parallèlement, l’apport en vitamines, minéraux et fibres, essentiels à une bonne santé, est insuffisant.

« La malnutrition ne se résume pas à un manque de nourriture, mais à un déséquilibre nutritionnel, qu’il s’agisse d’un excès ou d’une carence », explique le Dr Lee Ching Li, maître de conférences en nutrition et diététique à l’École des sciences de la santé de l’Université IMU en Malaisie. Elle souligne que la qualité de l’alimentation est plus importante que la quantité.

Privilégier les aliments riches en nutriments, tels que les céréales complètes, les fruits et légumes variés, et les protéines maigres (poisson, volaille), est essentiel. Il est également crucial de distinguer les « calories vides », qui fournissent de l’énergie sans apport nutritionnel significatif, des aliments réellement nourrissants.

Les habitudes alimentaires se construisent dès l’enfance, et les enfants ont tendance à reproduire celles de leurs parents. Il est donc primordial que les familles adoptent une alimentation équilibrée pour répondre aux besoins croissants des enfants et prévenir les problèmes de santé à long terme, allant du retard de croissance à l’obésité.

Pour opérer des changements durables, il est recommandé d’anticiper les tentations et de favoriser des options plus saines. Par exemple, choisir un fruit frais plutôt qu’un dessert sucré, ou demander une portion réduite de riz ou de nouilles accompagnée d’une plus grande quantité de légumes au restaurant. Au mamak, opter pour un naan et du poulet tandoori plutôt que du poulet frit et du riz noyé dans des sauces riches en graisses et en sel.

Le Dr Lee Ching Li conseille de s’inspirer du concept malaisien de l’assiette équilibrée : un quart de l’assiette consacré aux céréales, un quart aux protéines et la moitié aux fruits et légumes. Elle insiste sur l’importance d’intégrer des légumes à chaque repas et de consommer des fruits en dessert pour bénéficier de leurs fibres, phytonutriments et antioxydants.

« Chaque geste compte », affirme-t-elle. L’effet synergique de ces différents nutriments est particulièrement bénéfique et ne peut être facilement reproduit par des compléments alimentaires.

Enfin, le soutien familial et l’indulgence envers soi-même sont des éléments clés pour réussir une transition vers une alimentation plus saine. Il est important de se fixer des objectifs réalistes, d’accepter les écarts occasionnels et de persévérer dans cette démarche à long terme. Comme le souligne le Dr Lee Ching Li, « il est plus important de reprendre le bon chemin après un faux pas que d’atteindre des objectifs rigides. »

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