Publié le 12 décembre 2025 08h30. L’efficacité de certains traitements antifongiques essentiels est compromise par l’utilisation croissante de ces mêmes substances en agriculture, alertent les experts du RIVM (Institut national pour la santé publique et l’environnement). Cette résistance croisée pourrait rendre certaines infections fongiques, potentiellement mortelles, plus difficiles à soigner chez l’homme.
- Le RIVM recommande de prendre en compte la résistance croisée lors de l’approbation de nouveaux antifongiques pour l’agriculture.
- L’institut préconise également de limiter l’utilisation de ces agents en agriculture et de réserver certaines substances exclusivement à un usage humain.
- Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre comment les champignons résistants se propagent des environnements agricoles aux patients hospitalisés.
L’utilisation répandue d’antifongiques, notamment les azoles, tant en médecine qu’en agriculture, favorise l’émergence de résistances chez les champignons pathogènes. Si une infection fongique est souvent bénigne, elle peut devenir grave, voire mortelle, en particulier chez les personnes immunodéprimées, comme les patients atteints de cancer, de SIDA ou ceux ayant bénéficié d’une greffe d’organe.
Le RIVM a déjà constaté une résistance croisée aux azoles chez Aspergillus fumigatus, un champignon responsable d’infections pulmonaires invasives. Des signes d’une résistance similaire émergent également chez différents types de Candida, avec la détection de souches résistantes dans l’environnement. L’institut souligne également le risque que de nouveaux antifongiques en développement soient également utilisés en agriculture, ce qui pourrait accélérer le développement de résistances croisées.
Cette étude a été menée à la demande du ministère néerlandais de l’Agriculture, de la Pêche, de la Sécurité alimentaire et de la Nature. Les conclusions détaillées sont disponibles dans le rapport intitulé « Infections fongiques résistantes dues à l’utilisation des mêmes substances antifongiques chez l’homme et les cultures agricoles ».
Les chercheurs insistent sur la nécessité d’une approche plus prudente et coordonnée pour préserver l’efficacité de ces médicaments essentiels et protéger la santé publique.
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