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Les agriculteurs danois sont menacés de sévères restrictions sur les engrais en raison des accords sur l’azote

Les agriculteurs danois pourraient voir leur utilisation d'engrais sévèrement limitée dans les années à venir, une décision qui inquiète vivement le secteur agroalimentaire et menace déjà l'approvisionnement en produits locaux. Un nouveau plan gouvernemental, conclu début décembre, vise…

Les agriculteurs danois sont menacés de sévères restrictions sur les engrais en raison des accords sur l’azote

Les agriculteurs danois pourraient voir leur utilisation d’engrais sévèrement limitée dans les années à venir, une décision qui inquiète vivement le secteur agroalimentaire et menace déjà l’approvisionnement en produits locaux. Un nouveau plan gouvernemental, conclu début décembre, vise à réduire drastiquement la pollution azotée des fjords et des eaux côtières, au prix de profondes transformations dans le paysage agricole.

L’accord, surnommé « Accord tripartite vert », prévoit la mise en place d’un système de quotas limitant l’épandage d’azote à partir de 2027. L’objectif initial est de réduire les émissions de 9 600 tonnes par an, un chiffre que certains chercheurs estiment insuffisant, réclamant une diminution de 14 800 tonnes pour atteindre un bon état écologique des eaux.

Une part importante de cette réduction passera par la conversion de terres agricoles, notamment celles les plus polluées, qui seront mises hors service. Selon les estimations, 25 % des mesures cibleront directement ces sols, tandis que les 75 % restants seront appliquées de manière plus générale.

L’Association danoise de l’alimentation tire la sonnette d’alarme. Selon un communiqué de presse, de nombreux produits autrefois courants sur les étals danois, tant au niveau national qu’à l’export, sont déjà devenus difficiles à trouver ou ont disparu, faute de rentabilité. « Cette année, il est pratiquement impossible de trouver un canard de Noël danois, et un rôti de porc élevé en plein air coûtera probablement trop cher pour la plupart des consommateurs », illustre l’association.

Leif Wilson Laustsen, directeur de l’Association danoise de l’alimentation, a appelé, avec six autres organisations du secteur agricole et alimentaire, à une suspension des nouvelles initiatives jusqu’à ce que leurs conséquences soient pleinement évaluées. « Il ne s’agit pas de bloquer les efforts de redressement, mais d’exprimer une profonde inquiétude quant à l’avenir de la production alimentaire danoise. Nous craignons que cet accord n’étouffe notre agriculture sur des bases juridiques, techniques et économiques fragiles », a-t-il déclaré.

Les organisations pointent du doigt l’incertitude juridique et technique entourant l’accord. Elles soulignent que des milliards d’euros d’investissements sont prévus, mais que les autorisations d’aide nécessaires de l’Union européenne n’ont pas encore été obtenues. De plus, le modèle de réduction de l’azote repose sur des données et des hypothèses contestées par les chercheurs, les agriculteurs et les autorités, selon la revue spécialisée Maskinbladet.

« Nos membres dépendent d’une chaîne d’approvisionnement stable et fiable. Intervenir à grande échelle sans connaître les conséquences juridiques et techniques crée une incertitude généralisée, de l’agriculteur à l’épicier », a ajouté M. Laustsen. « Les fondements de cet accord sont fragiles, et les politiciens devraient freiner, au lieu d’accélérer. Nous risquons d’appauvrir le Danemark sans pour autant rendre la planète plus verte. »

Le plan prévoit également une réduction supplémentaire de 500 tonnes d’azote grâce à un meilleur traitement des eaux usées, pour un total de 10 100 tonnes économisées, soit environ les deux tiers des objectifs fixés par l’UE. La directive-cadre européenne sur l’eau ne devrait être pleinement mise en œuvre qu’en 2030, au plus tôt. Les agriculteurs seront indemnisés pour la fermeture des zones humides et des tourbières, grâce à des financements provenant de la politique agricole de l’UE, mais ces indemnisations seront progressivement réduites à partir de 2032. Un budget de 345 millions de couronnes danoises (31,6 millions d’euros) sera alloué à des mesures en faveur de la nature et de la biodiversité, avec la construction d’au moins dix grands projets naturels interconnectés d’ici 2035.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.