Publié le 13 décembre 2023. Face à une épidémie de dermatose nodulaire bovine, le gouvernement français a annoncé un plan de vaccination massif tout en maintenant sa politique controversée d’abattage sélectif, suscitant la colère des agriculteurs qui bloquent des routes en signe de protestation.
- La France va vacciner près d’un million de bovins dans les prochaines semaines.
- Des foyers de dermatose nodulaire ont déjà entraîné l’abattage d’environ 3 000 animaux.
- Des agriculteurs manifestent contre la politique d’abattage, bloquant notamment une portion de l’autoroute A64 près de Toulouse.
L’annonce d’une vaste campagne de vaccination, faite ce samedi par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, intervient en réponse à la propagation rapide de la dermatose nodulaire bovine, une maladie virale contagieuse qui affecte les bovins et les buffles. Cette maladie, bien qu’inoffensive pour l’homme, provoque des excroissances cutanées et une baisse significative de la production laitière, entraînant des perturbations commerciales et des pertes économiques importantes.
« Nous allons vacciner près d’un million d’animaux dans les semaines à venir et protéger les éleveurs », a déclaré la ministre Genevard à la radio locale ICI. Elle a également réaffirmé l’engagement de l’État à indemniser les éleveurs touchés, couvrant à la fois les pertes animales et les pertes d’exploitation.
Le gouvernement justifie la combinaison de la vaccination et de l’abattage des troupeaux infectés comme une stratégie nécessaire pour endiguer la maladie et préserver les exportations de bétail. Selon les estimations de la ministre, si la dermatose nodulaire n’est pas maîtrisée, elle pourrait entraîner la mort d’« au moins 1,5 million de bovins » en France.
La situation sur le terrain reste tendue. Une portion de l’autoroute A64, au sud de Toulouse, est bloquée depuis vendredi après-midi par environ 400 agriculteurs et une soixantaine de tracteurs, selon les médias locaux.
Si le gouvernement s’appuie sur le soutien du principal syndicat agricole, la FNSEA, qui considère l’abattage comme un mal nécessaire, il se heurte à l’opposition de la Coordination rurale, un syndicat rival. Ce dernier plaide pour des mesures plus ciblées, telles que des protocoles de quarantaine stricts, plutôt que l’abattage systématique des troupeaux.
La ministre Genevard a précisé que la vaccination sera obligatoire, la considérant comme une protection essentielle contre la maladie. Cependant, elle a souligné que l’abattage complet resterait nécessaire dans certains cas, en raison du risque que la maladie puisse être asymptomatique et donc indétectable.
À ce jour, 110 foyers de dermatose nodulaire ont été identifiés dans neuf départements français. Près de six millions d’euros ont déjà été versés aux agriculteurs depuis la découverte du premier foyer le 29 juin.