Une nouvelle exploitation porcine intensive suscite l’indignation à Huércal-Overa, en Espagne. Malgré une décision de justice défavorable et des préoccupations sanitaires croissantes, les autorités locales ont donné leur feu vert à un projet situé à proximité d’une école primaire et d’un hôpital.
La Fédération des Écologistes en Action d’Almería dénonce vivement la résolution de la Délégation Territoriale de Santé et Consommation du gouvernement andalou autorisant l’évaluation d’impact sanitaire (VIS) d’une macro-ferme porcine dans le quartier de Rambla Grande, à seulement 300 mètres de l’École Publique Rurale « Las Estancias ». Cette décision intervient en dépit d’un jugement du Tribunal supérieur de justice d’Andalousie, daté du 19 octobre (sentence n° 2866/2023), qui avait annulé la qualification environnementale initiale du projet en raison de sa proximité avec un établissement scolaire, soulignant ainsi la nécessité de protéger la santé des élèves et du personnel enseignant.
Le délégué territorial de la Santé et de la Consommation à Almería, Juan de la Cruz Belmonte Mena, a pourtant affirmé que le projet était « totalement viable », estimant qu’il « ne générera pas d’impacts significatifs sur la santé ». Une affirmation que les Écologistes en Action qualifient d’« irresponsable, injustifiée et contraire au principe de précaution ».
L’association environnementale met en évidence des émissions polluantes sous-estimées dans le rapport favorable. L’entreprise promotrice reconnaît elle-même émettre plus de 9 000 kg d’ammoniac et 2 928 kg de méthane par an, uniquement liés à la gestion du fumier. Les Écologistes en Action estiment que ces chiffres, déjà alarmants, sont incomplets et potentiellement inexacts, le rapport sanitaire ne proposant aucune mesure corrective sérieuse au-delà d’une simple haie.
Ils s’interrogent sur l’absence d’évaluation des effets cumulatifs de cette nouvelle exploitation dans une municipalité où vivent déjà plus de 300 000 porcs en élevage intensif. De plus, le rapport ne fait aucune mention de l’hôpital régional La Inmaculada, situé à moins de 3 kilomètres de la ferme et de ses bassins de lisier, malgré les plaintes récurrentes du personnel soignant et des patients concernant les odeurs nauséabondes.
La Fédération des Écologistes en Action d’Almería souligne que cette décision est d’autant plus préoccupante que l’Andalousie est confrontée à une crise du dépistage du cancer du sein et à une épidémie de peste porcine africaine, nécessitant une gestion prudente des élevages intensifs. Ils dénoncent un choix politique qui privilégie les intérêts de l’industrie porcine au détriment de la santé publique.
L’association se dit solidaire des mouvements de quartier qui s’opposent depuis des années à un système juridique et administratif qui légitime un modèle de production jugé non durable, caractérisé par une consommation excessive des ressources en eau et des niveaux de pollution atmosphérique qui violent le droit constitutionnel à un environnement sain. Ils dénoncent également le fardeau financier que représentent les procédures judiciaires pour les habitants et les associations locales face à cette industrie.
« La santé des enfants, du personnel éducatif et des citoyens de Huércal-Overa ne peut pas continuer à être sacrifiée au profit d’intérêts privés », concluent les Écologistes en Action.