Les banques centrales britannique, hongroise, tchèque et arménienne se réuniront la semaine prochaine dans un contexte économique mondial incertain, et pourraient prendre des décisions divergentes en matière de taux d’intérêt. Ces rencontres interviennent alors que les marchés scrutent les signaux concernant l’évolution de l’inflation et la santé économique globale.
Aux États-Unis, la Réserve fédérale a récemment indiqué qu’elle anticipe une seule baisse de taux en 2026. Cependant, les marchés financiers misent sur des baisses plus importantes, et les analystes d’ING s’attendent à des réductions de 25 points de base en mars et en juin. La publication, mercredi et jeudi, de données sur l’emploi, bien que retardées pour les mois d’octobre et de novembre en raison de la fermeture du gouvernement, influencera les prévisions. L’indice des prix à la consommation (IPC) de novembre, publié jeudi, devrait augmenter à 3,2 % sur un an, contre 3 % en septembre, en raison des effets tarifaires et de la hausse des coûts d’assurance. Toutefois, la baisse des coûts de l’énergie, le ralentissement des loyers et un affaiblissement de la croissance des salaires devraient limiter cette hausse à moyen terme, avec un retour vers une fourchette de 2 % au milieu de l’année 2026. L’évolution de l’emploi reste une source d’inquiétude, le président de la Fed, Jerome Powell, ayant souligné que les chiffres de la masse salariale pourraient surestimer la création d’emplois de jusqu’à 60 000 postes par mois.
Au Royaume-Uni, le marché du travail montre des signes de faiblesse, notamment dans le secteur privé, et cette tendance devrait se poursuivre en 2026. Le rapport sur l’emploi, publié mardi, devrait confirmer ce ralentissement, qui pèse sur la croissance des salaires. L’inflation, dont les chiffres de novembre seront publiés mercredi, devrait rester stable, mais la Banque d’Angleterre attend des signes que l’inflation alimentaire a atteint un pic et que l’inflation des services s’améliore. Une baisse des taux d’intérêt est envisagée lors de la réunion de jeudi, bien qu’elle ne soit pas assurée. La commission de politique monétaire est divisée, et la décision finale reviendra probablement au gouverneur Andrew Bailey, qui a exprimé une certaine ouverture à une politique monétaire plus accommodante.
En Europe centrale et orientale, la Pologne publiera lundi une estimation préliminaire de l’inflation de novembre, qui devrait se confirmer à 2,4 % sur un an. L’inflation sous-jacente devrait se situer entre 2,7 et 2,8 %. Les perspectives d’inflation pour 2026 semblent plus favorables que prévu, ce qui laisse envisager une réduction d’environ 75 points de base du taux directeur l’année prochaine. Le marché du travail polonais devrait également montrer des signes de modération, avec une croissance des salaires plus lente et une baisse potentielle de l’emploi. Le secteur industriel, bien qu’en reprise, reste fragile en raison de la concurrence asiatique et des difficultés rencontrées par l’industrie automobile européenne.
En Hongrie, la Banque nationale ne devrait pas assouplir sa politique monétaire en décembre, malgré la baisse temporaire de l’inflation due aux mesures de protection des prix et aux effets de base. La banque centrale devrait maintenir un ton belliciste et abaisser ses prévisions d’inflation pour 2026, tout en prévenant contre un assouplissement prématuré de sa politique.
En République tchèque, la Banque nationale devrait suspendre sa réunion de politique monétaire, malgré le rapprochement de l’inflation de l’objectif et le calme de l’inflation sous-jacente. L’économie reste solide, et il n’y a pas d’urgence à modifier la politique monétaire.
Enfin, en Arménie, la Banque centrale devrait maintenir son taux directeur inchangé à 6,75 % mardi, bien qu’un assouplissement ne soit pas exclu. L’inflation globale a ralenti à 3,1 % en novembre, mais l’inflation de base a augmenté à 3,6 %. La croissance du PIB reste forte, et le déficit budgétaire élevé, ce qui plaide pour une politique monétaire prudente.
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