Publié le 15 décembre 2025. Une étude canadienne démontre que la vaccination contre la COVID-19 pendant la grossesse est associée à une réduction significative des risques d’hospitalisation, de complications et d’accouchement prématuré, quel que soit le variant du virus en circulation.
- La vaccination avant l’infection réduit le risque d’hospitalisation de 38 % pour les variants Delta et Omicron.
- La vaccination diminue également le risque d’admission en unité de soins intensifs et d’accouchement prématuré.
- L’étude a analysé les données de plus de 26 500 femmes enceintes atteintes de la COVID-19 entre avril 2021 et décembre 2022.
Des chercheurs ont analysé les données du programme canadien de surveillance de la COVID-19 pendant la grossesse, qui suit l’évolution de la santé maternelle et infantile chez les femmes enceintes infectées par le virus et évalue l’impact de la vaccination sur les issues défavorables de la grossesse.
L’analyse a porté sur 26 584 patientes enceintes diagnostiquées avec la COVID-19 dans neuf provinces et territoires canadiens, entre le 5 avril 2021 et le 31 décembre 2022. Les données ont été suivies jusqu’en 2023 pour évaluer les résultats de la grossesse et l’état de santé des nourrissons.
Parmi les cas étudiés, 69,2 % (13 799) ont été recensés pendant la période de prédominance du variant Omicron, tandis que 30,8 % (6 120) l’ont été pendant la période Delta. L’âge moyen des patientes enceintes était de 30 à 35 ans (46,3 % des cas, soit 8 763 femmes), et 55,9 % (4 765) étaient de race blanche.
L’étude révèle que 72,2 % (14 367) des femmes atteintes de la COVID-19 avaient reçu au moins une dose de vaccin avant leur diagnostic. Parmi celles-ci, 20 % (2 942) avaient été vaccinées pendant leur grossesse, en moyenne 18 semaines (intervalle interquartile de 11 à 25 semaines) avant d’être diagnostiquées. Les femmes vaccinées étaient généralement plus âgées, plus souvent blanches, avaient un indice de masse corporelle plus faible et présentaient moins d’hypertension gestationnelle. Cependant, elles avaient des taux plus élevés de diabète préexistant et gestationnel.
Les résultats indiquent que la vaccination était associée à un risque d’hospitalisation réduit, tant pendant la période Delta (risque relatif de 0,38, intervalle de confiance à 95 % de 0,30 à 0,48 ; différence de risque absolu de 8,7 %, intervalle de confiance à 95 % de 7,3 % à 10,2 %) que pendant la période Omicron (risque relatif de 0,38, intervalle de confiance à 95 % de 0,27 à 0,53 ; différence de risque absolu de 3,8 %, intervalle de confiance à 95 % de 2,4 % à 5,2 %). De même, la vaccination réduisait le risque d’admission en unité de soins intensifs (Delta : risque relatif de 0,10, intervalle de confiance à 95 % de 0,04 à 0,29 ; Omicron : risque relatif de 0,10, intervalle de confiance à 95 % de 0,03 à 0,29) et d’accouchement prématuré (Delta : risque relatif de 0,80, intervalle de confiance à 95 % de 0,66 à 0,98 ; Omicron : risque relatif de 0,64, intervalle de confiance à 95 % de 0,52 à 0,77).
Les analyses multivariées ont confirmé que la vaccination restait associée à un risque d’hospitalisation plus faible, même après ajustement pour les comorbidités. Les patientes non vaccinées présentaient un risque d’hospitalisation ajusté 2,43 fois plus élevé pendant la période Omicron (intervalle de confiance à 95 % de 1,72 à 3,43) et 3,82 fois plus élevé pendant la période Delta (intervalle de confiance à 95 % de 2,38 à 6,14).
Les chercheurs ont souligné certaines limites de l’étude, notamment une diminution du suivi formel des cas de COVID-19 pendant la période Omicron, ce qui pourrait avoir entraîné une sous-estimation du nombre de cas. Ils ont également reconnu que la nature observationnelle de l’étude ne permet pas d’établir un lien de causalité définitif. Néanmoins, ils estiment que leurs résultats ont une pertinence clinique importante.
« Cette analyse rigoureuse de l’association entre le statut vaccinal et la réduction des effets indésirables pendant les périodes des variants Delta et Omicron apporte de nouvelles informations sur l’impact de la vaccination pendant la pandémie de COVID-19 », ont conclu les auteurs.
Références
- McClymont E, Blitz S, Forward L et coll. Le rôle de la vaccination dans les issues maternelles et périnatales associées au COVID-19 pendant la grossesse. JAMA. Publié en ligne le 15 décembre 2025. doi:10.1001/jama.2025.21001
- Surveillance canadienne de la COVID-19 pendant la grossesse : épidémiologie, issues pour la mère et le nourrisson. Université de la Colombie-Britannique. Mis à jour le 13 septembre 2023. Consulté le 15 décembre 2025. https://ridprogram.med.ubc.ca/cancovid-preg/