Publié le 15 décembre 2025 à 19h25. Le Premier ministre australien Anthony Albanese a fermement rejeté les accusations de son homologue israélien, Benjamin Netanyahu, qui suggérait un lien entre la reconnaissance par l’Australie de l’État palestinien et l’attaque terroriste survenue à Bondi Beach, à Sydney, qui a fait plusieurs morts et blessés.
- Anthony Albanese nie tout lien entre la reconnaissance de l’État palestinien et l’attaque de Bondi Beach.
- Israël et l’Australie connaissent des tensions diplomatiques depuis la reconnaissance de la Palestine par Canberra.
- Le gouvernement australien renforce les mesures de sécurité pour la communauté juive et envisage un durcissement des lois sur les armes à feu.
Dans une interview accordée aux médias nationaux, Anthony Albanese a catégoriquement démenti toute responsabilité de sa politique dans la tragédie de Bondi Beach. Il a souligné que la reconnaissance de l’État palestinien est une position partagée par la majorité des pays et qu’elle s’inscrit dans une démarche visant à trouver une solution à deux États au Moyen-Orient.
« Non, je ne le fais pas »,
Anthony Albanese, Premier ministre australien
L’attaque, perpétrée par deux individus locaux lors d’une célébration de Hanouka, a coûté la vie à quinze personnes d’origine juive et a blessé des dizaines d’autres. Les deux agresseurs ont été neutralisés par la police, l’un d’eux succombant à ses blessures.
M. Albanese n’a pas directement répondu aux critiques virulentes de M. Netanyahu, qui l’accusait d’avoir adopté une attitude de faiblesse face à l’antisémitisme. Il a cependant insisté sur la nécessité de l’unité nationale et de la solidarité envers la communauté juive en cette période difficile.
« C’est un moment d’unité nationale où nous devons nous rassembler… Nous devons serrer dans nos bras les membres de la communauté juive qui traversent une période extraordinairement difficile. »
Anthony Albanese, Premier ministre australien
Les relations entre l’Australie et Israël sont tendues depuis le mois d’août, lorsque le gouvernement australien a décidé de reconnaître l’État palestinien. En réponse, Israël avait révoqué les visas des diplomates australiens en Palestine occupée, une décision qualifiée de « réaction injustifiée » par la ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong. Plus d’informations sur la révocation des visas.
Canberra avait justifié sa décision par la volonté de relancer les efforts en faveur d’une solution à deux États, d’obtenir un cessez-le-feu dans la bande de Gaza et de favoriser la libération des otages détenus par le Hamas suite à son offensive du 7 octobre 2023. M. Netanyahu avait alors dénoncé cette initiative comme une « absurdité » et une « récompense pour le terrorisme ».
Dimanche dernier, le Premier ministre israélien a réitéré ses critiques, affirmant que le gouvernement australien n’avait pas pris de mesures suffisantes pour lutter contre l’antisémitisme. Situation en Israël.
« Nous nous inquiétons actuellement pour notre peuple, notre sécurité, et nous ne restons pas silencieux… Nous combattons ceux qui tentent de nous anéantir. »
Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien
M. Albanese a réaffirmé l’engagement de son gouvernement à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger la communauté juive, notamment en criminalisant les discours de haine et en interdisant les symboles nazis. Il a également annoncé un renforcement du financement de la sécurité des sites juifs et plaidé en faveur d’un durcissement des lois sur les armes à feu en Australie, qui dispose déjà des réglementations les plus strictes au monde. Nouvelles mesures sur le contrôle des armes à feu.
Jillian Segal, l’envoyée spéciale nommée par le gouvernement pour lutter contre la montée de l’antisémitisme, a souligné que l’attaque de Bondi Beach n’était pas un événement isolé. Elle a mis en garde contre une escalade des actes antisémites et appelé à une action plus énergique.
Les dirigeants de la communauté juive ont également insisté sur la nécessité de renforcer la lutte contre l’antisémitisme. Levi Wolff, grand rabbin de la synagogue centrale de Sydney, a déclaré qu’il était impératif de ne pas laisser l’antisémitisme s’enraciner.
Sussan Ley, chef du parti libéral conservateur australien, a accusé le gouvernement travailliste d’avoir permis à l’antisémitisme de se développer. Elle a appelé M. Albanese à mettre en œuvre toutes les recommandations du rapport publié par Jillian Segal en juillet, notamment en ce qui concerne les campus universitaires.
En juillet dernier, M. Albanese avait déjà condamné l’antisémitisme comme un « fléau maléfique » et annoncé un investissement de 25 millions de dollars australiens (environ 16,3 millions d’euros) pour renforcer la sécurité des sites juifs. Il avait également souligné qu’il était important de distinguer l’antisémitisme des critiques légitimes à l’égard de la politique du gouvernement israélien.
Mme Segal a plaidé pour un contrôle plus strict des demandeurs de visa et une attention particulière aux universités, aux organismes culturels et aux médias.
Selon les données du recensement de 2021, environ 116 967 Australiens se déclarent d’origine juive, représentant 0,46 % de la population totale du pays (25 millions d’habitants). La majorité de cette communauté vit dans les centres de Sydney et de Melbourne.
Le gouvernement travailliste est soucieux de maintenir l’harmonie au sein de la société multiculturelle australienne, notamment en tenant compte de la communauté libanaise, qui est nombreuse et influente sur le plan électoral.
Depuis 2023, la police autorise des manifestations hebdomadaires contre la guerre israélienne à Gaza.
L’Australie a expulsé l’ambassadeur d’Iran plus tôt cette année, après que les services de renseignement ont attribué au moins deux incendies criminels antisémites aux Gardiens de la révolution iraniens.