Publié le 15 décembre 2025 à 22h47. Plusieurs dirigeants européens se sont réunis à Berlin pour discuter de la formation d’une force multinationale de maintien de la paix en Ukraine, une initiative dont le succès dépend entièrement de la volonté de la Russie, selon les déclarations officielles.
- Les chefs d’État et de gouvernement européens ont exprimé leur soutien à la création d’une force multinationale pour l’Ukraine.
- Les négociations, auxquelles ont participé le président ukrainien Volodymyr Zelensky et des représentants américains, se concentrent sur la recherche d’un cessez-le-feu.
- La Russie n’a pas participé aux discussions et reste sceptique quant à toute intervention étrangère.
Lundi soir, une réunion cruciale s’est tenue à Berlin, réunissant des responsables européens et américains pour aborder la situation en Ukraine. L’objectif principal était de parvenir à une position commune sur la voie à suivre pour mettre fin au conflit, notamment en envisageant le déploiement d’une « force multinationale pour l’Ukraine ». Le président ukrainien Volodymyr Zelensky et ses négociateurs ont préalablement échangé avec des représentants des États-Unis et de divers pays européens.
Le chancelier allemand Friedrich Merz, à l’issue de la réunion, a souligné que la possibilité d’un cessez-le-feu dépendait entièrement de la Russie. Il a lancé un appel direct à Moscou pour qu’elle dépose les armes, au moins temporairement, à l’occasion des fêtes de Noël. Cependant, le régime russe a régulièrement exprimé son opposition au déploiement de troupes européennes sur le territoire ukrainien, laissant présager une faible probabilité que cette réunion berlinoise ait un impact significatif sur sa position.
Les discussions ont porté sur la restauration de l’armée ukrainienne, la sécurisation de l’espace aérien et maritime, et la possibilité de mener des « opérations en Ukraine », selon le journal « Bild ». Avant cette réunion, Zelensky et une délégation américaine dirigée par l’envoyé spécial Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre de l’ancien président américain Donald Trump, avaient déjà mené cinq heures de pourparlers. Lundi, le président français Emmanuel Macron, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et d’autres chefs d’État et de gouvernement européens, ainsi que des représentants de l’OTAN, ont également participé aux discussions.
L’adhésion à l’OTAN semble hors de propos
Les participants au sommet ukrainien ont publié une déclaration commune appelant à l’envoi en Ukraine d’une force de maintien de la paix soutenue par les États-Unis. La chancelière allemande a indiqué que des progrès avaient été réalisés dans le débat sur les garanties de sécurité juridiquement contraignantes pour l’Ukraine, qualifiant les propositions américaines de « remarquables » sans en divulguer les détails. Cependant, elle a précisé qu’il ne s’agissait pas d’une offre d’adhésion à l’OTAN, mais plutôt de garanties équivalentes à l’article 5 du traité de l’Alliance, c’est-à-dire l’obligation de porter assistance en cas de défense. « Ça n’a pas l’air mal du tout », a commenté Zelensky.
Le président ukrainien a également reconnu que des divergences persistent avec les États-Unis concernant les éventuelles concessions territoriales en vue d’un cessez-le-feu. « Nous savons à 100 % ce que veulent les Russes », a-t-il déclaré, tout en affirmant que son pays est prêt à travailler « de manière constructive et équitable » pour parvenir à une solution. Il a souligné son respect pour la délégation américaine.
Des questions importantes restent en suspens
Un incident technique a perturbé les discussions en début d’après-midi. Une panne informatique à grande échelle a paralysé les systèmes du Bundestag, empêchant un appel vidéo entre les ministres des Affaires étrangères de l’UE et les négociateurs américains Witkoff et Kushner. La cause de cette panne, et la possibilité d’une cyberattaque, restent à déterminer.
Les pourparlers de Berlin marquent la première rencontre entre les décideurs ukrainiens, européens et américains depuis que Kiev et les Européens ont soumis leur plan de paix révisé aux Américains la semaine dernière. Ce plan, basé sur une proposition initiale en 28 points présentée par Trump en novembre, a été réduit à 20 points par les représentants ukrainiens et européens. Le plan initial avait été critiqué pour son alignement perçu sur les intérêts russes.
Les points de discorde persistent notamment en ce qui concerne d’éventuelles cessions de territoires. Outre les régions du sud et de l’est de l’Ukraine déjà occupées par la Russie, le plan américain initial prévoyait la cession de zones supplémentaires dans la région de Donetsk, qui seraient démilitarisées. Les Ukrainiens rejettent cette idée et insistent pour que la guerre soit gelée sur le front actuel. Zelensky a toutefois ouvert la voie à une possible retraite des troupes ukrainiennes et russes vers l’arrière, créant ainsi une zone tampon.
Malgré l’éventuel déploiement de soldats de maintien de la paix européens, les détails des garanties de sécurité pour l’Ukraine restent flous. La partie ukrainienne a renoncé à demander l’adhésion à l’OTAN, mais d’autres mesures contraignantes sont nécessaires pour garantir que la Russie ne profite pas d’un accord de paix pour relancer les hostilités dans les années à venir. Des garanties de sécurité solides sont donc essentielles.
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