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Comment le cancer du poumon à petites cellules échappe au système immunitaire

Publié le 15 décembre 2025 à 12h36. Des chercheurs de Cologne ont identifié un mécanisme clé qui permet aux cellules du cancer du poumon à petites cellules (CPPC) d’échapper au système immunitaire, ouvrant la voie à de nouvelles…

Comment le cancer du poumon à petites cellules échappe au système immunitaire

Publié le 15 décembre 2025 à 12h36. Des chercheurs de Cologne ont identifié un mécanisme clé qui permet aux cellules du cancer du poumon à petites cellules (CPPC) d’échapper au système immunitaire, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques combinées.

  • Les métastases de CPPC produisent moins de molécules CMH-I, essentielles à la reconnaissance par le système immunitaire.
  • La signalisation via la voie ERBB2 favorise cette perte de CMH-I et affaiblit la réponse immunitaire.
  • Bloquer la voie ERBB2 en combinaison avec l’immunothérapie améliore significativement l’efficacité du traitement chez des modèles murins.

Le cancer du poumon à petites cellules (CPPC) est l’une des formes de cancer les plus agressives. Malgré les avancées thérapeutiques, notamment l’association de chimiothérapie et d’immunothérapie, les cellules tumorales parviennent souvent à déjouer les défenses de l’organisme, entraînant une résistance aux traitements modernes. Jusqu’à présent, les raisons de cette évasion immunitaire restaient largement inconnues.

Une équipe de recherche dirigée par le Professeur Dr Dr Roland Ullrich, médecin-chef de la Clinique I de médecine interne et directeur de l’École d’oncologie Mildred Scheel (MSSO) de l’hôpital universitaire de Cologne, a entrepris d’élucider ce mécanisme. Charlotte Orschel, doctorante en médecine à la MSSO, et Cyrielle L. Bouchez, biochimiste, ont collaboré avec Lydia Meder, biologiste moléculaire (aujourd’hui professeure W2 à l’université Friedrich-Alexander d’Erlangen) pour analyser des échantillons tumoraux de patients et des modèles murins.

Leurs travaux ont révélé que les métastases de CPPC produisent significativement moins de molécules CMH-I que les tumeurs primaires. Le CMH-I (Complexe Majeur d’Histocompatibilité de classe I) joue un rôle crucial dans la reconnaissance des cellules tumorales comme anormales par le système immunitaire. Pour la première fois, les chercheurs ont démontré que la perte de CMH-I permet aux cellules tumorales d’échapper à la surveillance immunitaire, expliquant potentiellement la rapidité de la propagation du cancer. Des expériences ont confirmé que la désactivation du CMH-I entraînait une diminution du nombre de cellules immunitaires au sein de la tumeur et une accélération de la croissance tumorale.

Une analyse plus approfondie a identifié la voie de signalisation ERBB2 comme un facteur clé dans la perte de CMH-I et l’affaiblissement de la réponse immunitaire. En bloquant cette voie avec des inhibiteurs d’ERBB2 déjà testés en clinique, l’équipe a réussi à restaurer l’expression du CMH-I et à améliorer la reconnaissance de la tumeur par le système immunitaire. De manière particulièrement encourageante, la combinaison de ce blocage d’ERBB2 avec l’immunothérapie (anti-PD-1) a considérablement augmenté l’efficacité du traitement dans les modèles murins de CPPC.

Les résultats de cette étude ont été publiés début décembre 2025 dans la revue scientifique de renom Nature Communications.

« Nous espérons que notre prochaine étape consistera à tester cette thérapie combinée dans des études cliniques auprès de patients atteints de CPPC »,

Charlotte Orschel, doctorante en médecine

Le Professeur Ullrich salue le travail de la jeune chercheuse :

« C’est un succès remarquable qu’une scientifique aussi jeune publie déjà dans une revue aussi prestigieuse. Le travail de Charlotte Orschel illustre parfaitement comment un financement en début de carrière peut mener à des résultats visibles à l’échelle internationale. »

Professeur Dr Dr Roland Ullrich, médecin-chef et directeur de la MSSO

L’École d’oncologie Mildred Scheel (MSSO), qui fait partie du Centre d’oncologie intégrée Aix-la-Chapelle Bonn Cologne Düsseldorf, est l’un des cinq centres Mildred Scheel en Allemagne, créés avec le soutien de l’aide allemande contre le cancer. Son objectif est de former et de soutenir les jeunes scientifiques afin d’accélérer le développement de nouvelles thérapies pour les patients.

Publication:
Meder, L., Orschel, C.I., Bouchez, C.L. et al. ERBB2 signaling drives immune evasion and resistance to immunotherapy in small cell lung cancer. Nat Commun (2025).

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.