Publié le 16 décembre 2025 08:26:00. Face à une forte pression de l’industrie automobile, la Commission européenne s’apprête à assouplir ses objectifs de réduction des émissions de CO2 pour les voitures neuves, renonçant de facto à l’interdiction des moteurs thermiques initialement prévue pour 2035.
- La Commission européenne propose de réduire les objectifs de réduction des émissions de 100 % à 90 % d’ici le milieu de la prochaine décennie.
- Cette modification permettra la vente de véhicules hybrides rechargeables et de voitures à essence ou diesel équipées de prolongateurs d’autonomie.
- Les constructeurs devront compenser les émissions supplémentaires en utilisant des carburants à faible teneur en carbone ou renouvelables, ou en employant de l’acier vert produit localement.
Après des mois de lobbying intense de la part des constructeurs automobiles, notamment Stellantis NV et Mercedes-Benz Group AG, la Commission européenne est sur le point de faire marche arrière concernant ses ambitions climatiques pour le secteur automobile. L’Allemagne, principal pays producteur automobile avec des géants comme Mercedes, Volkswagen et BMW, a joué un rôle clé dans cette réorientation, craignant des tensions politiques et des pertes d’emplois.
La nouvelle proposition, qui doit être adoptée par les commissaires européens ce mardi, prévoit une réduction des émissions d’échappement de 90 % d’ici le milieu de la prochaine décennie, comparativement à l’objectif initial de 100 %. Pour compenser cet allègement, les constructeurs seront tenus d’investir dans des carburants alternatifs à faible teneur en carbone ou renouvelables, ou d’utiliser de l’acier vert produit localement. Cette approche vise à concilier les impératifs environnementaux et les réalités économiques du secteur.
Cette décision intervient également dans un contexte de concurrence accrue sur le marché automobile européen, exacerbée par la guerre commerciale sino-américaine. De nombreux constructeurs, confrontés à une surcapacité et à une pression sur les prix dans ces marchés, cherchent de nouvelles opportunités en Europe.
La proposition de la Commission européenne sera ensuite soumise à l’examen du Parlement européen et du Conseil de l’UE. Un processus de négociations en trilogue, impliquant les trois institutions, permettra de définir la version finale du texte. Chaque institution aura la possibilité de proposer des amendements.
La Commission européenne n’a pas souhaité commenter officiellement ces informations pour le moment.
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