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La Thaïlande s’efforce de rapatrier des milliers de personnes bloquées au poste frontière du Cambodge

by Clara Dubois

Publié le 24 septembre 2025. Les affrontements frontaliers entre la Thaïlande et le Cambodge, qui durent depuis une semaine, ont entraîné le déplacement de plus d’un demi-million de personnes et bloquent des milliers de travailleurs thaïlandais, poussant Bangkok à envisager des mesures de rétorsion économique.

  • La Thaïlande étudie les modalités de rapatriement de jusqu’à 6 000 de ses citoyens bloqués à la frontière cambodgienne.
  • Le Cambodge a fermé son poste-frontière de Poipet, accusant l’armée thaïlandaise de tirs indiscriminés.
  • La Thaïlande prépare des contre-mesures, notamment une possible interruption des livraisons de carburant au Cambodge.

Les tensions entre la Thaïlande et le Cambodge se sont exacerbées ces derniers jours, avec des combats signalés sur une portion de 817 km (508 miles) de leur frontière commune. Les deux pays s’accusent mutuellement d’avoir déclenché les hostilités, sans qu’un cessez-le-feu ne soit en vue malgré les efforts diplomatiques.

La fermeture du poste-frontière de Poipet, une ville cambodgienne clé pour le commerce et les déplacements de travailleurs thaïlandais, a particulièrement compliqué la situation. Des milliers de Thaïlandais, employés notamment dans les casinos et autres industries de la région, se retrouvent bloqués et cherchent à rentrer chez eux. Le ministère thaïlandais des Affaires étrangères a indiqué que les citoyens de Poipet pouvaient solliciter une assistance pour organiser leur voyage en avion depuis Siem Reap, la ville qui sert de porte d’entrée au site d’Angkor Wat.

Hun Sen, figure politique influente du Cambodge, a justifié la fermeture de la frontière par la nécessité de protéger les civils, dénonçant ce qu’il qualifie de tirs aveugles de l’armée thaïlandaise. Il a toutefois précisé que les points de contrôle non touchés par les combats restaient ouverts et que le trafic aérien n’était pas affecté.

La situation est suivie de près par la communauté internationale. Le président américain Donald Trump, qui avait déjà joué un rôle de médiateur dans un conflit frontalier entre les deux pays en juillet dernier en utilisant des négociations commerciales comme levier, a également appelé à la désescalade. Cependant, le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul a affirmé qu’il ne subissait aucune pression internationale pour parvenir à un cessez-le-feu.

« Personne ne nous fait pression. Qui fait pression sur qui ? Je ne sais pas. »

Anutin Charnvirakul, Premier ministre thaïlandais

Bangkok envisage désormais des mesures de rétorsion économique. Surasant Kongsiri, porte-parole du ministère thaïlandais de la Défense, a annoncé que des plans étaient en cours pour interrompre les expéditions de carburant vers le Cambodge. Les autorités maritimes ont reçu l’instruction de surveiller les navires thaïlandais susceptibles de livrer de l’essence, voire des armes, aux forces cambodgiennes, une situation qui suscite une « préoccupation majeure » au sein de l’opinion publique thaïlandaise.

Les différends territoriaux entre la Thaïlande et le Cambodge sont anciens, mais l’ampleur et l’intensité des affrontements actuels, qui s’étendent des zones forestières proches de la frontière laotienne jusqu’aux provinces côtières, sont sans précédent dans l’histoire récente. Une réunion spéciale des ministres des Affaires étrangères de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) est prévue la semaine prochaine en Malaisie, dans l’espoir de relancer les négociations et de rétablir un cessez-le-feu durable.

Le ministère cambodgien de la Défense a déclaré que ses forces « continueront à se tenir fortes, courageuses et inébranlables dans leur combat contre l’agresseur ».

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