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Détruit avec la disparition de la savane

by Sophie Martin

Publié le 16 décembre 2025 23:48:00. Une étude récente révèle que les savanes nord-américaines, autrefois aussi riches en biodiversité que le Serengeti actuel, ont connu un déclin significatif lié aux changements climatiques, offrant un aperçu fascinant de l’évolution des chameaux et des lamas.

  • Il y a environ 18 millions d’années, l’Amérique du Nord abritait des écosystèmes de savane comparables à ceux de l’Afrique moderne.
  • L’étude, menée par des paléobiologistes de l’Université de Bristol et de l’Université d’Helsinki, analyse l’écomorphologie d’artiodactyles disparus.
  • Les camélidés, originaires d’Amérique du Nord, étaient particulièrement diversifiés dans ces savanes, ressemblant davantage à l’éland commun moderne qu’aux espèces actuelles.

Les savanes nord-américaines, aujourd’hui limitées aux régions tropicales, étaient autrefois un paysage dominant. Il y a environ 12 millions d’années, à l’apogée de leur existence durant le Miocène, ces écosystèmes présentaient une diversité de mammifères comparable à celle du Serengeti africain contemporain. Une nouvelle étude, publiée dans Frontiers in Earth Science en 2020, met en lumière l’histoire de ces savanes perdues et l’impact des conditions climatiques passées sur la faune qui les habitait.

Cette recherche, menée par des paléobiologistes de l’Université de Bristol et de l’Université d’Helsinki, constitue la première caractérisation quantitative de l’écomorphologie des artiodactyles, un groupe d’ongulés herbivores comprenant les chameaux, les antilopes et d’autres espèces apparentées. Les chercheurs ont comparé les caractéristiques anatomiques de ces animaux disparus à celles de leurs homologues africains actuels.

L’étude s’est concentrée sur l’analyse de crânes, de mâchoires et d’os des membres de dizaines d’artiodactyles nord-américains disparus. Nuria Melisa Morales García, auteure principale de l’étude à l’Université de Bristol, souligne l’importance de cette région pour l’évolution des camélidés :

« La savane nord-américaine hébergeait une énorme diversité de camélidés. En fait, les camélidés sont originaires et se sont d’abord diversifiés en Amérique du Nord, où ils ont vécu pendant plus de 40 millions d’années et ont été très répandus et très prospères. »

Nuria Melisa Morales García, Université de Bristol

En comparant les données obtenues avec celles des mammifères du Serengeti, les chercheurs ont pu déduire des informations précieuses sur le comportement et l’écologie des espèces disparues. Selon le professeur Christine Janis, de l’École des sciences de la Terre de l’Université de Bristol et co-auteure principale de l’étude :

« Les mammifères du Serengeti sont bien connus dans la recherche : nous savons comment ils vivaient, comment ils se nourrissaient, et nous avons toutes leurs mesures. En utilisant ce que nous savons d’eux, nous pouvons tirer des conclusions solides sur le comportement des artiodactyles éteints en Amérique du Nord. »

Christine Janis, Université de Bristol

L’analyse révèle que la plupart des camélidés disparus ressemblaient le plus à l’éland commun moderne, une antilope adaptée aux environnements arides et se nourrissant d’herbe et de feuilles. Cette similitude suggère que les savanes nord-américaines étaient probablement plus sèches que les savanes africaines actuelles. De plus, l’étude met en évidence l’impact du changement climatique néogène sur ces écosystèmes. À mesure que les températures baissaient et que les conditions devenaient plus sèches, la diversité et l’abondance des espèces ont diminué, bien que les chameaux soient restés dominants.

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