Home SantéUne personne âgée sur dix peut bénéficier d’un traitement contre la maladie d’Alzheimer

Une personne âgée sur dix peut bénéficier d’un traitement contre la maladie d’Alzheimer

by Sophie Martin

Publié le 17 décembre 2025 16:04:00. Une étude de grande envergure menée en Norvège révèle qu’un nombre étonnamment élevé de personnes de plus de 70 ans présentent déjà des marqueurs biologiques de la maladie d’Alzheimer, soulignant l’importance d’une détection précoce pour ralentir la progression de la démence.

  • Près d’un adulte de plus de 70 ans sur dix présente des signes biologiques de la maladie d’Alzheimer.
  • L’étude, basée sur l’analyse de plus de 11 000 échantillons sanguins, identifie un biomarqueur spécifique (p-tau217) lié à la mort des cellules nerveuses.
  • La prévalence de ces changements augmente significativement avec l’âge, mais l’étude ne confirme pas de différence entre les sexes.

Les résultats de cette recherche, publiée dans la revue Nature, reposent sur la vaste étude démographique norvégienne, la Health Survey in Trøndelag (HUNT), et représentent la première analyse à l’échelle de la population des changements neuropathologiques associés à la maladie d’Alzheimer. Jusqu’à présent, les estimations de la prévalence de ces changements étaient basées sur des données moins complètes.

Les chercheurs de l’Université de Göteborg, du King’s College de Londres et de l’hôpital universitaire de Stavanger ont analysé 11 486 échantillons de sang prélevés sur des participants de plus de 57 ans. Ils se sont concentrés sur la mesure du p-tau217, un biomarqueur indiquant la présence de dépôts de protéines dans le cerveau qui entraînent la destruction des cellules nerveuses et des synapses, essentielles à la mémoire.

L’étude révèle que 11 % des participants de plus de 70 ans présentent des niveaux de p-tau217 suffisamment élevés pour être considérés comme des candidats potentiels à des traitements médicamenteux visant à ralentir le déclin cognitif, des traitements qui sont de plus en plus disponibles dans divers pays. Ce chiffre contraste avec les 8 % observés chez les 65-69 ans et atteint plus de 65 % chez les personnes de plus de 90 ans.

L’analyse a également mis en évidence une corrélation entre la présence du biomarqueur et le stade de la démence. 60 % des personnes de plus de 70 ans atteintes de démence présentaient le marqueur, contre 32,6 % chez celles souffrant de troubles cognitifs légers et 23,5 % chez les personnes sans symptômes apparents.

« S’ils vivent encore dix ans, il est fort probable que des symptômes apparaissent, mais l’important dans cette étude est le grand groupe de personnes âgées qui présentent déjà des symptômes précoces et pour lesquels il est possible de proposer un traitement. »

Henrik Zetterberg, professeur de neurochimie à l’université de Göteborg et médecin-chef à l’hôpital universitaire de Sahlgrenska

Contrairement à certaines idées reçues, l’étude n’a pas révélé de différence significative entre les hommes et les femmes en termes de prévalence des changements neuropathologiques. En revanche, les chercheurs ont constaté que les personnes ayant un niveau d’éducation supérieur présentaient moins fréquemment ces marqueurs.

Les résultats suggèrent que la démence due à la maladie d’Alzheimer pourrait être plus répandue chez les personnes de 70 ans et plus qu’on ne le pensait, tandis que la proportion de changements liés à la maladie dans les groupes d’âge plus jeunes serait plus faible que prévu. L’augmentation globale de la maladie d’Alzheimer est principalement liée à l’allongement de l’espérance de vie, ce qui en fait un défi mondial majeur où la détection précoce est essentielle.

Les chercheurs s’intéressent désormais à l’étude plus approfondie de la capacité des biomarqueurs sanguins à prédire le développement de la démence.

Étude: Prévalence de la pathologie de la maladie d’Alzheimer dans la communauté – L’étude HUNT

Contacts experts:

Nicholas Ashton, chercheur à l’Académie Sahlgrenska de l’Université de Göteborg, tél. +1 (480) 703 5889, e-mail [email protected] (anglophone)

Henrik Zetterberg, professeur à l’Académie Sahlgrenska de l’Université de Göteborg, tél. 0768 67 26 47, e-mail [email protected]

Contact presse: Margareta G. Kubista, tél. 0705 30 19 80, e-mail [email protected]

Photos de presse: Nicholas Ashton et Henrik Zetterberg (photo : Université de Göteborg)

L’Académie Sahlgrenska fait partie de la Faculté de médecine de l’Université de Göteborg. Elle est dédiée à l’enseignement et à la recherche en médecine, en odontologie et en sciences de la santé. www.gu.se/sahlgrenska-akademin

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