L’intelligence artificielle ne menace pas une vague massive de chômage, mais au contraire, elle stimule la productivité et crée de nouvelles opportunités d’emploi, notamment dans l’industrie, selon Shyam Sankar, directeur technique de Palantir. Ses déclarations interviennent en réponse aux inquiétudes exprimées par le sénateur Bernie Sanders concernant l’impact potentiel de l’IA sur le marché du travail.
Lors d’une interview sur FOX Business, Shyam Sankar a souligné que l’IA accélère les processus de recrutement, de formation et contribue à la croissance industrielle américaine. Il a mis en avant des exemples concrets où l’IA permet aux entreprises d’embaucher davantage de personnel.
« L’histoire sous-estimée, c’est que l’IA est une révolution ouvrière », a affirmé M. Sankar. Il a expliqué que les gains de l’IA ne se limitent pas aux développeurs de logiciels, mais bénéficient également aux professionnels de première ligne, tels que les infirmières en soins intensifs et les techniciens d’usine.
Il a illustré ses propos en citant l’exemple d’un fabricant qui, grâce à l’optimisation de sa planification de production par l’IA, a pu ajouter une troisième équipe de travail. « Sans un certain taux d’utilisation de la main-d’œuvre, il n’était pas rentable d’embaucher davantage de travailleurs américains. Grâce à cela, davantage d’emplois sont créés », a-t-il précisé.
Un autre exemple cité est celui de Panasonic Energy, une entreprise basée à Reno, dans le Nevada, qui fabrique des batteries pour véhicules électriques. Grâce à l’IA, Panasonic a pu former d’anciens employés de casinos en tant que techniciens qualifiés en batteries en seulement trois mois, alors que cette formation dure habituellement environ trois ans.
Shyam Sankar a également souligné l’impact positif de l’IA sur le secteur de la santé, permettant aux infirmières de consacrer plus de temps aux soins directs des patients et moins de temps à la collecte d’informations administratives.
Ces déclarations interviennent après que le sénateur Bernie Sanders a appelé à un ralentissement du développement de l’IA, exprimant sa crainte d’un « chômage de masse » dû à l’automatisation. Dans une vidéo publiée sur X, il s’est interrogé sur la capacité des individus à survivre sans revenu dans un contexte de suppression d’emplois par l’IA et la robotique. « Nous avons besoin de tous nos collaborateurs, de toutes les personnes impliquées dans la détermination de l’avenir de l’IA, et pas seulement d’une poignée de multimilliardaires », avait-il déclaré, proposant un moratoire sur la construction de centres de données alimentant le développement de l’IA.
M. Sankar a critiqué cette approche, qualifiant les craintes d’un chômage massif de « stratagème de propagande » venant de la Silicon Valley. Il a insisté sur le fait que l’IA représente une opportunité pour la prospérité américaine et pourrait même stimuler la création de nouvelles entreprises en permettant à chacun de concrétiser ses idées.
Il a également abordé la question de l’adaptation de l’éducation face à ces évolutions, suggérant que les universités devront se réinventer. Palantir a d’ailleurs lancé une bourse de méritocratie pour les lycéens, leur offrant une formation technique sur le terrain.
Enfin, Shyam Sankar a souligné la nécessité d’investir davantage dans la « demande » d’IA, c’est-à-dire dans la création de valeur économique à partir de ces technologies, plutôt que de se concentrer uniquement sur l’« offre » (les centres de données et les modèles). Il a salué les initiatives du président en la matière, tout en insistant sur l’importance de favoriser la prospérité pour le travailleur américain moyen.
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