Publié le 24 septembre 2023. Un cercle vicieux s’installe : le manque de sommeil peut engendrer un sentiment de solitude et d’anxiété, qui à son tour perturbe le repos nocturne, selon des experts espagnols. Comprendre ce lien pourrait ouvrir la voie à de nouvelles stratégies pour améliorer le bien-être mental et physique.
- Le manque de sommeil est associé à des comportements d’isolement social et à une anxiété accrue.
- La solitude est corrélée à une qualité de sommeil dégradée, sans affecter sa durée.
- Améliorer le sommeil peut réduire les émotions négatives et le stress, en particulier chez les adolescents et les personnes âgées.
Le sommeil et la santé mentale sont intimement liés, et les recherches récentes mettent en lumière un lien préoccupant entre le manque de sommeil et la solitude. Selon Francesca Cits, membre du groupe de travail Insomnie de la Société Espagnole du Sommeil (SES), les troubles du sommeil peuvent favoriser l’isolement social et l’anxiété, créant un engrenage négatif.
Une méta-analyse publiée en 2020 a confirmé cette corrélation. Le psychiatre spécialisé en médecine du sommeil et chercheur à l’Institut de recherche en santé des Îles Baléares (IdISBa) explique :
« La solitude est corrélée à une qualité de sommeil altérée, mais pas avec la durée. La solitude augmente les niveaux de vigilance et rend le sommeil moins réparateur. »
Francesca Cits, membre du groupe de travail Insomnie de la Société Espagnole du Sommeil (SES)
Les mécanismes biologiques pourraient expliquer ce phénomène. Historiquement, l’isolement représentait un danger pour l’homme, ce qui pourrait activer le système de stress et perturber les niveaux de cortisol, un hormone impliquée dans le sommeil. De plus, le manque de sommeil peut altérer la perception que les autres ont de nous, nous rendant moins accessibles socialement.
Selon le Dr. Cañellas, la régulation émotionnelle est au cœur de ce lien.
« Les structures cérébrales et les neurotransmetteurs qui régulent les émotions régulent également le sommeil, il est donc intuitif de supposer une relation intime dans le fonctionnement de ces deux systèmes. »
Dr. Cañellas, psychiatre spécialisé en médecine du sommeil et chercheur à l’Institut de recherche en santé des Îles Baléares (IdISBa)
Une mauvaise qualité de sommeil et un manque de repos sont considérés comme des facteurs de risque importants pour la régulation émotionnelle et le développement de troubles psychiatriques tels que l’anxiété et la dépression.
Les experts de la SES soulignent que l’impact du sommeil sur la santé physique et mentale est encore trop souvent sous-estimé. La combinaison de la solitude et du manque de sommeil est particulièrement préoccupante, car elle multiplie les risques de maladies cardiovasculaires, de troubles cognitifs et de problèmes de santé mentale, et peut même augmenter la mortalité.
Améliorer le sommeil peut avoir des effets bénéfiques sur l’humeur et la réduction du stress. Adopter de bonnes habitudes de vie, en particulier chez les adolescents et les personnes âgées, peut donc améliorer la qualité de vie et le bien-être émotionnel.
QUE POUVEZ-VOUS FAIRE POUR MIEUX DORMIR ?
Pour favoriser un sommeil de qualité, il est recommandé de : se coucher et se lever à des heures régulières, créer un environnement propice au repos (sûr, confortable et sombre), et réserver son lit uniquement au sommeil. Il est également conseillé de s’exposer au soleil pendant la journée, en particulier le matin, et d’éviter les écrans au moins deux heures avant le coucher. Enfin, une activité physique régulière peut contribuer à améliorer le sommeil.
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