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Il n’existe pas de moyen simple d’arrêter les saignements post-partum – mais le choix de la mère est essentiel | Accouchement

Publié le 18 décembre 2025 à 17h21. Une analyse récente met en lumière une augmentation inquiétante des hémorragies post-partum en Angleterre, mais des experts soulignent que la complexité du problème ne se résume pas à une baisse de…

Il n’existe pas de moyen simple d’arrêter les saignements post-partum – mais le choix de la mère est essentiel | Accouchement

Publié le 18 décembre 2025 à 17h21. Une analyse récente met en lumière une augmentation inquiétante des hémorragies post-partum en Angleterre, mais des experts soulignent que la complexité du problème ne se résume pas à une baisse de la qualité des soins, et qu’une augmentation des césariennes pourrait être en cause.

  • Le risque de saignements abondants après l’accouchement a atteint son plus haut niveau depuis cinq ans en Angleterre.
  • Les césariennes sont identifiées comme le principal facteur influençant le taux d’hémorragie post-partum.
  • Les sages-femmes insistent sur l’importance des accouchements physiologiques et de la continuité des soins pour améliorer les résultats maternels.

L’augmentation des hémorragies post-partum observée en Angleterre ne doit pas être attribuée à une dégradation générale des soins de maternité, affirment des spécialistes. Une analyse de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) publiée dans The Lancet révèle que le mode d’accouchement joue un rôle déterminant dans le risque hémorragique.

Selon cette étude, les césariennes sont le facteur le plus fortement associé à une augmentation des hémorragies post-partum. À l’inverse, les accouchements à domicile et le contact peau à peau précoce, ainsi que l’allaitement, sont les seuls éléments qui semblent réduire ce risque. Le professeur Andrew Weeks, président du comité des lignes directrices sur le traitement des hémorragies post-partum du Collège royal des obstétriciens et gynécologues, souligne que l’augmentation des taux d’hémorragie est une conséquence naturelle de la multiplication des césariennes. Il met en garde contre les titres sensationnalistes qui pourraient inciter les femmes à éviter les maternités du Service national de santé (NHS), soit en optant pour une césarienne, soit en renonçant aux soins de suivi.

« Les citations sensationnalistes sur le risque « terrifiant » d’hémorragie pour les mères ne feront qu’aggraver le problème, car les femmes cherchent à éviter le travail dans le NHS, soit en choisissant une césarienne (ce qui augmente le risque d’hémorragie), soit en renonçant complètement aux soins de maternité (ce qui augmente le risque de décès en cas d’hémorragie) », explique le professeur Weeks.

Si l’intervention médicale lors de l’accouchement a pour objectif de protéger le bébé, les résultats en matière de mortalité néonatale et périnatale au Royaume-Uni n’ont jamais été aussi bons. Cependant, les sages-femmes Anna Mélamed et Sonia Richardson, professeurs à l’Université de l’Ouest de l’Angleterre, déplorent une tendance à la dévalorisation des soins prodigués par les sages-femmes, qui favorisent un accouchement physiologique. Elles rappellent que la continuité des soins avec une sage-femme attitrée améliore significativement les résultats pour la mère et l’enfant.

« Il est bien démontré que la continuité du soignant avec une sage-femme désignée améliore les résultats maternels et néonatals, mais ce modèle reste sous-soutenu », affirment-elles. Elles soulignent également que l’accouchement physiologique, parfois qualifié d’« idéologie » par certains, est encouragé par les sages-femmes précisément parce qu’il réduit le risque d’hémorragie post-partum.

Les données du NHS montrent que le taux de césariennes en Angleterre a atteint 45 %, avec 32 % d’inductions de travail, et que de nombreuses femmes subissent les deux interventions lors d’un même accouchement selon les données récentes. Les spécialistes estiment que l’augmentation des taux d’intervention ne se traduit pas par une amélioration significative des résultats néonatals, mais contribue à une détérioration de la santé maternelle.

Les expertes appellent à une refonte des politiques de maternité, en plaçant le bien-être maternel au cœur des préoccupations, notamment en matière de réduction des hémorragies et des traumatismes liés à l’accouchement. Elles insistent sur la nécessité d’investir dans des soins personnalisés et de qualité, et de soutenir le rôle essentiel des sages-femmes dans l’accompagnement des femmes enceintes. Cette évolution nécessitera des ressources financières importantes, mais elle est indispensable pour garantir des soins de maternité sûrs et adaptés aux besoins de chaque femme.

Cette discussion intervient dans le contexte de l’enquête nationale sur la maternité et la périnatalité, qui pourrait conduire à des changements majeurs dans l’organisation des soins.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.