Publié le 18 décembre 2025 à 23h09 (heure de La Mecque). L’armée israélienne a mené de nouvelles incursions dans le sud de la Syrie, suscitant des condamnations internationales et des accusations de déstabilisation régionale, alors que Damas réaffirme son engagement envers l’accord de désengagement de 1974.
Pour la deuxième fois dans la journée, les forces d’occupation israéliennes ont pénétré jeudi soir dans le village d’Al-Muallaqa, situé dans la campagne du gouvernorat de Quneitra, au sud-ouest de la Syrie. Ces incursions s’accompagnent d’opérations de nivellement des terres et d’arrestations, suscitant la colère de la population locale.
La chaîne de télévision syrienne Al-Ikhbariya a rapporté que ces opérations ont causé des dommages aux biens et aux moyens de subsistance des habitants. Plus tôt dans la journée, les forces israéliennes avaient également investi le village d’Al-Hiran et la colline d’Al-Diriyah, à l’ouest d’Al-Muallaqa, où un jeune homme a été arrêté et des terres rasées à l’aide de bulldozers, selon l’agence de presse syrienne SANA.
Ces actions s’inscrivent dans une série d’incursions quasi quotidiennes des forces israéliennes dans le sud de la Syrie, notamment dans la région de Quneitra. Ces opérations incluent des arrestations, l’installation de postes de contrôle et la destruction de forêts, alimentant un sentiment de frustration et de colère au sein de la population.
Malgré l’absence de menace directe du gouvernement syrien, l’armée israélienne continue de lancer des frappes aériennes en Syrie, ciblant des civils, des sites militaires, des armes et des munitions appartenant à l’armée syrienne.
Sur le plan diplomatique, le représentant de la Syrie auprès des Nations Unies, Ibrahim Olabi, a réaffirmé l’engagement de Damas envers l’accord de désengagement conclu avec Israël en 1974, tout en dénonçant les violations continues de cet accord par Tel-Aviv.
« À l’heure où le gouvernement syrien et la communauté internationale cherchent à instaurer la stabilité en… le Moyen-Orient, Israël s’efforce de déstabiliser cette stabilité. »
Ibrahim Olabi, représentant de la Syrie auprès des Nations Unies
Plusieurs pays ont exprimé leur préoccupation. Le représentant de la France auprès des Nations Unies, Jérôme Bonafon, a appelé Israël à se retirer des territoires syriens occupés depuis décembre 2024. Il a souligné la nécessité pour Israël de respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie et de mettre fin à ses incursions.
Le délégué britannique par intérim a également appelé Israël à respecter l’intégrité territoriale de la Syrie, avertissant que les attaques israéliennes risquaient de déstabiliser davantage le pays. La Turquie, représentée par Asli Guven, a souligné que les attaques israéliennes entravaient les efforts de consolidation de la sécurité et de la stabilité en Syrie.
En réponse, le délégué israélien auprès des Nations Unies a affirmé que Tel-Aviv défendrait ses frontières nord et empêcherait les groupes qu’il qualifie de « terroristes et militants » d’opérer à proximité.
Israël occupe une grande partie du plateau Golan depuis 1967. Des négociations entre Damas et Tel-Aviv sont en cours pour parvenir à un accord de sécurité, mais la Syrie exige en préalable un retour à la situation antérieure au 8 décembre 2024, date à laquelle Israël a annoncé l’échec de l’accord de désengagement de 1974 et a occupé la zone tampon syrienne.
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