Home SantéLe SOPK lié à une durée de vie reproductrice plus longue à Singapour : étude

Le SOPK lié à une durée de vie reproductrice plus longue à Singapour : étude

by Sophie Martin

Publié le 29 octobre 2023. Une nouvelle étude internationale, menée en partie à Singapour, révèle que le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), un trouble hormonal fréquent chez les femmes, ne rime pas toujours avec inquiétude et peut même être associé à une meilleure fertilité.

  • Plus de la moitié des femmes singapouriennes diagnostiquées avec le SOPK présentent un sous-type associé à une meilleure santé reproductive.
  • L’étude identifie quatre sous-types distincts de SOPK, remettant en question l’approche unique traditionnellement adoptée.
  • Les femmes atteintes du SOPK à Singapour conservent une bonne réserve d’ovules plus longtemps que les femmes non atteintes, améliorant leurs chances de grossesse assistée.

Longtemps considéré comme un facteur d’infertilité et de complications de santé, le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est en réalité une condition hétérogène, avec des manifestations et des conséquences très variables d’une femme à l’autre. C’est la conclusion d’une vaste étude internationale, dont les résultats ont été publiés dans la revue Nature Medicine le 29 octobre. Les chercheurs de l’École de médecine Yong Loo Lin de la National University of Singapore (NUS) et de l’Hôpital universitaire national (NUH) ont participé à cette recherche qui a analysé les données de près de 12 000 femmes.

L’étude a permis d’identifier quatre sous-types de SOPK, en se basant sur des marqueurs biologiques précis. Une analyse de la cohorte singapourienne (127 femmes diagnostiquées entre 2011 et 2019) a révélé que 53 % d’entre elles présentaient un profil particulièrement favorable, caractérisé par des niveaux élevés de globuline liant les hormones sexuelles (SHBG) – une protéine hépatique qui régule les hormones sexuelles comme la testostérone et l’œstrogène – et un indice de masse corporelle (IMC) bas. Ces femmes présentent également des taux plus faibles d’hormone lutéinisante (LH) et de testostérone.

Selon le professeur Yong Eu Leong, du département d’obstétrique et de gynécologie de NUS Medicine et NUH, les femmes présentant ce sous-type SHBG-SOPK obtiennent de meilleurs résultats avec les techniques de procréation médicalement assistée.

« Elles ne sont pas obèses et présentent donc un risque plus faible de développer un diabète ou de l’hypertension artérielle. Leur taux de rémission à la normale est également plus élevé. »

Professeur Yong Eu Leong, département d’obstétrique et de gynécologie de NUS Medicine et NUH

Cette découverte est d’autant plus importante que le SOPK, qui touche environ 11 à 13 % des femmes dans le monde, est souvent associé à des symptômes négatifs tels que des règles irrégulières, une pilosité excessive, l’obésité, l’acné et un risque accru de maladies chroniques. En Occident, le SOPK est souvent perçu comme une condition sévère, liée à l’obésité et à la stérilité, une vision qui remonte à une publication de gynécologues américains en 1935. L’étude publiée dans Nature Medicine remet en question cette perception.

Les trois autres sous-types de SOPK identifiés sont : le phénotype hyper-androgène (caractérisé par un excès d’hormones sexuelles mâles), le phénotype surpoids-obésité (lié à un IMC élevé et à une résistance à l’insuline, avec un risque accru de diabète de type 2 et de complications pendant la grossesse) et un sous-type associé à des taux élevés de LH et d’hormone anti-mullérienne (AMH), un indicateur de la réserve ovarienne.

Une autre étude, menée par le professeur adjoint Huang Zhongwei du même établissement, a confirmé que les femmes singapouriennes atteintes du SOPK ont de bonnes chances de concevoir grâce à la fécondation in vitro (FIV), même à un âge plus avancé. Cette étude, publiée dans Human Reproduction Open le 14 octobre, a analysé les données de 1 249 femmes asiatiques ayant subi une FIV entre 2016 et 2022, dont 212 atteintes du SOPK. Elle a révélé que les femmes de plus de 36 ans atteintes du SOPK avaient des taux de grossesse cumulés plus élevés (52,8 % contre 38,7 % pour les femmes sans SOPK) et un plus grand nombre d’ovules récupérés.

L’expérience de Mme Andrea Lee illustre bien l’évolution de la compréhension du SOPK. Il y a huit ans, on lui avait affirmé qu’elle n’était pas atteinte du SOPK car elle ne présentait pas les symptômes classiques (pilosité excessive, obésité, acné). C’est en consultant le professeur Huang qu’elle a découvert qu’elle avait une importante réserve d’ovules, ce qui a augmenté ses chances de concevoir à 38 ans. Mme Lee a donné naissance à son enfant à cet âge.

Mme Ke Youduan, 48 ans, a participé à l’étude internationale sans présenter de symptômes habituels. Elle a eu son premier enfant à 23 ans et a ensuite conçu trois autres enfants naturellement, ignorant qu’elle était atteinte du SOPK.

Ces recherches soulignent l’importance d’une approche thérapeutique personnalisée du SOPK, en tenant compte des spécificités de chaque patiente.

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