Noël, période de festivités et de traditions, est aussi un moment propice à l’introspection et à la perception de ce qui se cache derrière les apparences. Pour l’écrivain Lorenzo Zucchi, cette saison révèle les masques qui tombent et l’humanité qui se manifeste, offrant une matière riche pour son exploration de l’invisible.
Zucchi confie n’avoir jamais vraiment intégré Noël dans ses œuvres littéraires, constatant un manque de représentation de cette période dans ses romans. « Il peut y avoir des livres qui se déroulent en décembre, mais sans jamais mettre l’accent sur la fête », explique-t-il, ajoutant qu’il envisage d’explorer un « Noël littéraire de Zucchiano » dans son prochain ouvrage.
Au cœur de son travail, l’écrivain s’intéresse à ce qui n’est pas dit, à ce qui se cache sous la surface. Il souligne que, durant les fêtes, « les masques de ceux qui font semblant sont encore plus scellés, tandis que ceux qui vivent pour de vrai savent parfois donner à la période des fêtes une humanité que je ne pourrais pas atteindre ». Il estime que le détail caché de Noël réside dans l’acceptation de son entourage, une acceptation qui va au-delà des convenances. « Il ne s’agit pas de s’aimer par la force, mais de se comprendre, de réfléchir les uns sur les autres, et par conséquent de partager des chemins différents », précise-t-il.
Si Noël devait prendre la forme d’un personnage dans ses récits, Zucchi ne l’envisagerait pas comme un protagoniste central. Il préférerait une voix secondaire, un personnage secondaire qui observerait la période des fêtes d’un point de vue classique, mais à travers un souvenir « invisible ». Il exclut une approche trop conventionnelle ou cynique, ayant déjà exploré les aspects sombres de Noël dans d’autres œuvres.
L’écrivain s’interroge sur ce qui subsiste de l’invisible une fois le tumulte des fêtes passé. Il suggère que l’invisible, loin de s’éteindre, se disperse en une multitude de points distincts, face au retour à la routine quotidienne. Il avoue que cette période ne se prête pas naturellement à l’expression de ses propres mélancolies, mais reconnaît que cette réflexion l’amène à envisager de nouvelles scènes.
Un souvenir de Noël particulier a marqué Zucchi et l’a sensibilisé à la complexité de la nature humaine. Il se souvient d’un livre acheté pour les fêtes, un roman policier prometteur qui s’est avéré décevant. « Ce fut la première lumière qui s’alluma », raconte-t-il. « Vous pouvez être naïf, plein d’espoir, faire confiance aux autres, mais l’humanité n’a pas le bonheur des autres parmi ses objectifs. »
Au-delà des lumières et des traditions, Zucchi souhaiterait que les lecteurs perçoivent l’échec de la société contemporaine, marquée par des guerres injustifiées et des traités commerciaux qui les interrompent. Il dénonce un paradoxe : l’indignation face à la liberté d’expression côtoie l’indifférence face à des crimes odieux. « Nous sommes des masques de carnaval, même à Noël, posant peut-être devant le sapin », affirme-t-il.
Pour Zucchi, Noël pourrait symboliser le retour d’une figure familière, immuable au fil du temps, comme un ancien camarade de classe qui ne vieillit jamais. Il souligne l’importance de l’introspection et de la remise en question personnelle, considérant que le véritable nouveau départ se situe davantage dans la période du Nouvel An, bien que souvent illusoire.
L’écrivain perçoit un phénomène invisible qui se manifeste particulièrement à Noël : la tendance à ignorer la fugacité de la vie et la réalité de la mortalité. Il y voit une réaction humaine compréhensible, un désir d’éternité qui se manifeste dans l’effervescence des fêtes. Il conclut que quelques jours de déconnexion des soucis quotidiens ne peuvent faire de mal.
Zucchi s’inspire de la vie quotidienne, des conversations entendues dans les bars ou lors de pauses-café, pour donner forme à l’invisible dans ses écrits. Il considère que Noël pourrait être un allié précieux pour explorer cet invisible, grâce à la richesse des clichés et des symboles qui y sont associés, tout en reconnaissant que cette période représente une distraction pour son travail.
Son vœu pour ses lecteurs est qu’ils apprennent à se connaître et à trouver la force d’être eux-mêmes, même si cela implique de remettre en question les normes sociales. « Il existe un nombre infini de non-alignés submergés qui n’osent pas jeter leur dévolu pour ne pas perdre leur trace », déplore-t-il, appelant à l’authenticité et à la remise en question.
Sur le même sujet
