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Pour les personnes âgées, médicaments hachés ou cassés dans les Ehpad

Publié le 19 décembre 2023 14:35:00. Une étude révèle que plus de 40% des résidents en maisons de retraite en Italie sont exposés à des interactions médicamenteuses dangereuses, en raison d'une polypharmacie fréquente et de pratiques de manipulation…

Pour les personnes âgées, médicaments hachés ou cassés dans les Ehpad

Publié le 19 décembre 2023 14:35:00. Une étude révèle que plus de 40% des résidents en maisons de retraite en Italie sont exposés à des interactions médicamenteuses dangereuses, en raison d’une polypharmacie fréquente et de pratiques de manipulation des médicaments parfois inappropriées.

  • Plus de 42% des personnes âgées hébergées en établissements de soins de longue durée (RSA) prennent au moins un médicament présentant un risque d’interaction dangereuse.
  • Environ 17 000 médicaments sont administrés quotidiennement dans les RSA italiens, sur un total de 24 000 prescriptions.
  • Dans 13% des cas, les méthodes utilisées pour faciliter la prise de médicaments (écrasement, division, ouverture des gélules) peuvent compromettre leur efficacité et la sécurité des patients.

Une enquête nationale menée dans les maisons de retraite italiennes met en lumière les risques liés à la prescription et à l’administration des médicaments aux personnes âgées. L’étude, dont les résultats préliminaires ont été publiés dans la revue Recherche clinique et expérimentale sur le vieillissement, révèle une polypharmacie importante et des pratiques de manipulation des médicaments qui peuvent avoir des conséquences néfastes sur la santé des résidents.

Selon les auteurs de l’étude, le nombre moyen de médicaments pris quotidiennement par chaque personne âgée en RSA s’élève à huit. Cette polypharmacie expose 42% des personnes aidées à au moins une interaction médicamenteuse dangereuse, avec des cas allant jusqu’à sept interférences simultanées. Les risques ne se limitent pas aux interactions médicamenteuses. La manipulation des médicaments à prendre par voie orale, notamment les comprimés et les gélules, pose également problème.

« En effet, environ 17 000 sont prises chaque jour par les personnes âgées dans les RSA italiens considérés, sur un total d’environ 24 000 prescriptions : pour être précis, 15 927 sont des comprimés et 850 gélules. Cependant, la taille des pilules peut représenter un problème pour ceux qui ont des difficultés à avaler, par conséquent, dans les RSA, un comprimé sur trois est fendu ou écrasé, tandis qu’un peu plus d’une gélule sur quatre est ouverte et « déguisée » avec de la nourriture et des boissons. »

Dario Leosco, président de la Société Italienne de Gérontologie et Gériatrie (SIGG) et professeur de Gériatrie à l’Université Federico II de Naples, et Andrea Ungar, créateur de l’étude et professeur de gériatrie à l’Université de Florence

L’étude souligne que dans 13% des cas, les solutions adoptées pour faciliter la prise de médicaments – division des comprimés, écrasement, ouverture des gélules et mélange avec de la nourriture – sont inappropriées et peuvent altérer l’efficacité du traitement ou présenter des risques pour la sécurité du patient. Plus précisément, 5% des comprimés administrés et 8% des gélules administrées sont concernés par ces pratiques potentiellement problématiques.

« Des solutions simples mais pas toujours appropriées dans 13 % des cas : respectivement dans 5 % de tous les comprimés administrés et dans 8 % de toutes les gélules administrées, avec des risques d’inefficacité et de sécurité des médicaments. »

Dario Leosco et Andrea Ungar

Les chercheurs insistent sur le caractère préliminaire de ces résultats et soulignent la nécessité d’une évaluation plus approfondie des pratiques de prescription et d’administration des médicaments dans les RSA, afin d’optimiser la prise en charge des personnes âgées et de garantir leur sécurité.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.