Publié le 19 décembre 2025 22:31:00. Roche et Novartis, deux géants pharmaceutiques suisses, ont conclu un accord avec l’administration américaine pour faire baisser les prix de certains médicaments aux États-Unis, mettant fin à des mois d’incertitude et évitant de potentiels droits de douane.
- Genentech, filiale de Roche, et Novartis s’engagent à réduire les prix de certains médicaments, notamment des vaccins antigrippaux et des traitements contre la sclérose en plaques.
- En contrepartie, les deux entreprises bénéficieront d’une exemption de droits de douane sur leurs produits pharmaceutiques aux États-Unis pendant trois ans.
- Les deux groupes suisses confirment également leurs investissements massifs dans la production et la recherche aux États-Unis, pour un total de plus de 73 milliards de dollars (50 milliards + 23 milliards).
L’accord, annoncé vendredi soir, intervient après des mois de pressions de l’administration américaine sur les entreprises pharmaceutiques pour qu’elles réduisent le coût des médicaments, un sujet sensible aux États-Unis. Il s’inscrit dans la continuité des négociations engagées avec d’autres géants du secteur, tels que Pfizer et AstraZeneca.
Novartis a déclaré s’être “volontairement engagé” à mettre en œuvre plusieurs mesures pour répondre aux priorités du gouvernement américain en matière de prix des médicaments. Cela inclut la fixation de prix comparables à ceux pratiqués dans les pays à revenus élevés pour les nouveaux médicaments, ainsi que la création de plateformes de vente directe aux patients pour certains traitements, notamment Mayzent (siponimod), Rydapt (midostaurine) et Tabrecta (capmatinib), accessibles via la plateforme TrumpRx.gov.
Genentech, de son côté, prévoit de rendre son portefeuille de vaccins antigrippaux disponible sur TrumpRx.gov et via un nouveau programme d’assistance directe aux patients. L’entreprise a précisé que l’objectif est de faciliter l’accès à certains médicaments essentiels. En exemple concret, le prix du médicament contre la grippe Xofluza sera abaissé de 168 $ à 50 $ pour les patients l’achetant directement via la plateforme gouvernementale.
Les réductions de prix peuvent être significatives. Novartis réduira ainsi le prix de Mayzent, un traitement contre la sclérose en plaques, de 9 987 $ à 1 137 $ pour les patients éligibles.
En échange de ces concessions, Roche et Novartis bénéficieront d’une exemption de droits de douane sur leurs produits pharmaceutiques importés aux États-Unis pendant trois ans. Cet accord intervient un mois après la conclusion d’un accord commercial entre la Suisse et les États-Unis, qui a déjà permis de réduire les droits de douane sur les importations suisses de 39 % à 15 %.
L’association suisse Inerpharma s’est dite satisfaite de l’accord, soulignant la sécurité de planification qu’il apporte. Toutefois, son directeur général, René Buholzer, a exprimé des réserves :
« Tout n’est pas clair pour la Suisse. La prospérité de la Suisse dépend en grande partie de la recherche, de la production et de plus de 300 000 collaborateurs directs et indirects, alors que la dynamique internationale continue d’accroître la pression. »
René Buholzer, directeur général d’Inerpharma
Les deux entreprises suisses ont également réaffirmé leur engagement à investir massivement aux États-Unis. Genentech prévoit d’investir dans la production, les infrastructures et la recherche et développement, s’appuyant sur un investissement de 50 milliards de dollars annoncé précédemment et sur la construction d’une nouvelle usine de production en Caroline du Nord. Novartis confirme, de son côté, un investissement de 23 milliards de dollars sur cinq ans pour l’expansion de ses infrastructures de recherche et de production, avec notamment un centre de recherche biomédicale de 1,1 milliard de dollars à San Diego, une nouvelle usine de production en Caroline du Nord et des installations de production de thérapies par radioligands en Californie, en Floride et au Texas.
Le marché américain est crucial pour Roche et Novartis, représentant plus de 40 % du chiffre d’affaires annuel de Novartis et près de la moitié de celui de Roche.
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