Publié le 19 décembre 2025 18h35. L’annonce de l’extension du terrain militaire à Smilde, dans la province de Drenthe, suscite l’inquiétude et la colère parmi les agriculteurs locaux, qui dénoncent un manque de concertation et craignent pour l’avenir de leurs exploitations.
- Plus de 1 200 commentaires ont été enregistrés concernant le projet d’expansion de la Défense.
- Plusieurs agriculteurs, dont la famille Ter Braak, devront déménager leurs exploitations.
- La municipalité de Midden-Drenthe se dit déçue par le manque de prise en compte de ses observations.
Le projet d’extension de la zone militaire, qui empiète sur des terres agricoles, a été officialisé malgré l’opposition locale. Les agriculteurs déplorent un manque d’écoute de la part des autorités et s’inquiètent des conséquences économiques et sociales de cette décision.
Martens, un agriculteur concerné, se dit résigné face à la situation.
« Je pense alors à l’argent », dit-il. « Parce qu’il n’a pas besoin de bouger. Ils ont indiqué avoir acquis un terrain à Smilde. Mais c’est de l’autre côté du canal. Je n’ai aucun intérêt à y aller. »
Marieke Dikboom, une autre agricultrice de Smilde, souligne le manque de considération dont ont fait preuve les autorités.
« Ceux qui étaient ici maintenant n’ont pas pu le faire parce qu’ils n’avaient pas le temps », explique-t-elle. « Dépréciation de notre part. Cela aurait pu au moins être surveillé. »
Elle et son frère, qui souhaitent reprendre l’exploitation familiale, risquent de perdre la quasi-totalité de leurs terres.
« Je pense qu’il nous reste 15 hectares, donc il faut se contenter de ça »,
regrette-t-elle.
La perte de terrains compromet la viabilité de l’entreprise familiale.
« Nous avons spécifiquement demandé à la Défense : ‘Avons-nous un avenir ici ?’ On nous a clairement dit : « Nous pensons qu’il y a un avenir pour vous ici ». Nous pouvons donc prendre le relais. D’un côté, cela me libère d’un fardeau, de l’autre, vous voulez juste avoir la certitude que nous pouvons continuer »,
confie Dikboom, partagée entre l’espoir et l’incertitude.
La famille Ter Braak, éleveurs laitiers, qualifie la situation d'”injuste”.
« On vous impose cela de force », soupire Erik ter Braak, le père. « Vous n’avez pas votre mot à dire. Ils n’écoutent pas. Vous avez soumis un point de vue, et il est simplement mis de côté. Il s’agit de dire oui et amen et ils continuent. »
Leur ferme devra être déplacée, une perspective qu’ils acceptent avec amertume.
« Videz-moi la tête en retournant travailler parmi les vaches. C’est mon truc, c’est pour ça que je suis devenu agriculteur. Et oubliez ça pour aujourd’hui au plus vite »,
déclare Erik ter Braak.
Le maire de Midden-Drenthe, Jan Zwiers, reconnaît que cette journée est « plutôt mauvaise pour nos habitants ».
« Cela suscite également beaucoup d’émotion pour nous en tant que commune. Nous avons également constaté que relativement peu de choses ont été mises en œuvre à notre avis »,
ajoute-t-il. Il souligne que la Défense doit indemniser « généreusement » les personnes concernées, conformément aux promesses du secrétaire d’État, et que la municipalité veillera à ce que cette notion de « générosité » soit interprétée de manière juste. Midden-Drenthe espère soumettre une proposition au secrétaire d’État début mars.
Dorpsbelangen Hooghalen, une association locale, exprime également sa déception.
« Nous sommes extrêmement déçus que rien n’ait été supprimé »,
déclare Henk Boer, son président.
« Nous espérions secrètement que la zone deviendrait plus petite. »
Il déplore particulièrement l’inclusion de la zone protégée des Laaghaler es dans le projet d’extension. Néanmoins, il reconnaît qu’il n’y a pas d’autre choix que d’accepter la décision et se concentre désormais sur la minimisation des nuisances sonores et des mouvements d’avions.
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