Publié le 2024-02-29 14:53:00. Une patiente découvre l’infidélité de son mari lors d’une consultation médicale, révélant les tensions silencieuses et la détresse psychologique souvent cachées derrière les diagnostics de maladies sexuellement transmissibles.
Dans leur clinique spécialisée à Amsterdam, le dermatologue Hester Vermaat et le gynécologue Marc van Beurden sont régulièrement témoins de situations intimes et délicates. Chaque semaine, ils partagent sur Libelle.nl leurs observations et réflexions issues de leur pratique. Cette semaine, ils relatent le cas poignant d’une femme confrontée à la réalité d’une tromperie révélée par un test de dépistage.
La patiente, habituellement posée et réfléchie, se présente à la consultation avec une apparence soignée, les cheveux ondulés et vêtue d’une chemise bleue qui souligne son contrôle habituel. Son mari, silencieux et tendu, est assis à ses côtés. Elle est suivie depuis des années pour un lichen scléreux, une affection cutanée chronique de la vulve. Mais aujourd’hui, c’est une autre nouvelle qui la bouleverse.
Les résultats des analyses sont formels : une infection par le virus de l’herpès simplex de type 2 (HSV-2), une maladie sexuellement transmissible (MST). La réaction de la patiente est immédiate :
« Cela ne peut pas être vrai », dit-elle, « je ne peux pas avoir une MST. »
La patiente
Cette phrase révèle son incrédulité et le temps qu’il lui faut pour accepter ce que les symptômes, présents depuis deux semaines, lui suggéraient déjà.
Le silence qui suit est lourd. Les médecins ressentent un malaise, non pas face au virus en lui-même, mais face à cette histoire que beaucoup préfèrent taire. Alors qu’ils expliquent les aspects médicaux de l’infection, le déni de la patiente se heurte à leurs paroles, comme si elle cherchait désespérément une issue de secours.
Ils abordent les options de traitement, la contagiosité de l’infection et les mesures à prendre en cas de récidive. La patiente acquiesce, pose des questions polies, mais son comportement contraste avec sa manière habituelle, plus assurée. On perçoit la tension palpable dans sa relation avec son mari, ou du moins, c’est l’impression que les médecins ont.
Lorsqu’elle se lève pour partir, elle remercie l’équipe médicale, avec un contrôle et une convivialité qui semblent déplacés, comme si ce n’était qu’une consultation de routine. Dans le couloir, on l’entend murmurer à son mari, presque comme une incantation :
« Dis-moi que ce n’est pas vrai ! »
La patiente
Les infections par le virus de l’herpès simplex sont très répandues. Aux Pays-Bas, environ 43 pour cent de la population a été infectée par le HSV-1 (responsable du bouton de fièvre) et environ 6 pour cent par le HSV-2, généralement responsable des infections génitales. La plupart des infections sont asymptomatiques et passent inaperçues. En cas de symptômes, ils se manifestent par des vésicules douloureuses ou des ulcères récurrents. Après l’infection initiale, le virus reste présent dans l’organisme à vie et peut se réactiver en période de stress ou de faiblesse immunitaire. Le HSV ne cause pas de dommages physiques permanents. Cependant, l’impact psychologique d’une infection génitale à HSV est souvent important et dépasse les symptômes physiques. De nombreuses personnes éprouvent un choc, de la tristesse, de la peur ou de la colère, et se sentent stigmatisées ou blessées. Cela peut affecter l’image de soi et l’estime de soi sexuelle, mettre à rude épreuve les relations et entraîner un isolement social. Cela peut également avoir des conséquences sur la santé mentale et favoriser des comportements d’évitement. Une information adéquate, la normalisation, le soutien social et des stratégies d’adaptation efficaces peuvent atténuer ce fardeau psychologique.
À ne pas manquer
