Le fonds négocié en bourse (ETF) UCO, qui suit le cours du pétrole brut, évolue actuellement à un niveau historiquement bas, offrant une opportunité spéculative pour les investisseurs misant sur une remontée des prix, malgré les risques inhérents à son effet de levier.
Se négociant autour de 18,57 $ (environ 16,80 €), UCO a enregistré une baisse d’environ 1,95 % par rapport à sa clôture précédente de 18,94 $ (environ 17,30 €). Il oscille dans une fourchette étroite, entre 18,52 $ (environ 16,90 €) et 18,89 $ (environ 17,20 €), se situant juste au-dessus de son plus bas annuel de 17,79 $ (environ 16,20 €), loin de son sommet annuel de 31,75 $ (environ 29 €). Ce fonds vise à générer un rendement quotidien d’environ deux fois supérieur à celui de l’indice Bloomberg WTI Crude Oil, en utilisant des contrats à terme et des swaps, pour un total d’actifs gérés d’environ 384 millions de dollars (environ 350 millions d’euros) et des frais de gestion de 0,95 %.
À ces niveaux, le marché considère le pétrole comme un investissement peu attrayant, alors que les perspectives macroéconomiques et la valorisation relative du brut pourraient s’améliorer d’ici 2026. Les analystes soulignent que le rapport entre l’or et le pétrole est actuellement très déséquilibré, avec une once d’or (environ 4 000 $ / environ 3 650 €) permettant d’acheter plus de 70 barils de pétrole, contre une moyenne historique de 25 à 35 fois. Pour rétablir un équilibre, le prix du baril de WTI devrait atteindre environ 130 $ (environ 119 €) au lieu des 50 $ (environ 45 €) actuels.
Cette distorsion est également visible en comparaison avec l’augmentation de la masse monétaire résultant des politiques de relance budgétaire et monétaire des dernières années. Le WTI, à un prix proche de 55 à 60 $ (environ 50 à 55 €), apparaît comme l’un des actifs les moins chers depuis des décennies. De nombreux actifs réels ont déjà connu une réévaluation, mais le pétrole est resté à la traîne. Dans ce contexte, investir dans UCO revient à parier contre le consensus dominant qui considère le brut comme un actif stagnant.
Le secteur de l’énergie, en général, est sous-évalué par rapport à d’autres secteurs comme la technologie. Les entreprises d’intelligence artificielle et de logiciels affichent des capitalisations boursières élevées par rapport à leurs flux de trésorerie, tandis que l’ensemble du secteur énergétique américain, malgré une forte génération de liquidités, est valorisé à un prix déprécié. Cette situation se reflète également dans les matières premières : les sociétés minières d’or et de cuivre ont vu leur valeur augmenter avec la hausse des prix des métaux, mais les valeurs énergétiques sont restées stables depuis 2022, alors que le WTI a chuté des niveaux à trois chiffres pour se situer autour de 50 $ (environ 45 €).
Du point de vue de la rentabilité, le prix actuel du brut se situe à un niveau qui pourrait mettre à rude épreuve l’économie de nouveaux projets d’extraction. Les estimations du seuil de rentabilité mondial se situent autour de 40 $ (environ 36 €) le baril et pourraient atteindre 55 $ (environ 50 €) cette décennie. Une baisse du prix du WTI en dessous de 50 $ (environ 45 €) pourrait inciter les producteurs à retarder leurs projets et à réduire les forages, entraînant une diminution de la production.
Les stocks de pétrole ne sont pas non plus importants, les réserves américaines étant légèrement supérieures à celles de l’année précédente, et les réserves stratégiques de pétrole restant partiellement épuisées après les prélèvements de 2022-2024. Dans ce contexte, les tensions géopolitiques actuelles pourraient provoquer un choc de l’offre et faire grimper les prix. Des perturbations des routes maritimes, des sanctions plus strictes contre des pays exportateurs comme le Venezuela ou une escalade du conflit en Europe de l’Est pourraient entraîner une forte augmentation du prix du WTI, potentiellement jusqu’à 80-100 $ (environ 73 à 91 €) le baril.
L’histoire montre que les périodes de prix bas du pétrole sont souvent suivies de rebonds importants. À la fin des années 1990, le prix du pétrole est passé de 10 $ (environ 9 €) à 33 $ (environ 30 €) en 16 mois. Plus récemment, entre 2020 et 2022, le WTI est passé de moins de 40 $ (environ 36 €) à plus de 120 $ (environ 110 €). Si ce schéma se répétait, le prix du pétrole pourrait atteindre 150 $ (environ 137 €) d’ici la fin de la décennie.
Cependant, il est important de noter que l’effet de levier de l’UCO amplifie également les risques. Un ralentissement économique plus important que prévu pourrait faire chuter le prix du pétrole en dessous de 55 $ (environ 50 €), voire de 40 $ (environ 36 €), entraînant une baisse significative de la valeur de l’ETF. De même, une désescalade des tensions géopolitiques pourrait affaiblir les arguments haussiers et maintenir le prix du pétrole à un niveau bas.
En conclusion, l’UCO, se négociant à 18,57 $ (environ 16,80 €), offre une exposition à effet de levier à un marché pétrolier potentiellement sous-évalué, mais comporte des risques importants. Il s’agit d’un instrument spéculatif adapté aux investisseurs ayant une vision macroéconomique claire et une tolérance élevée au risque.
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