Publié le 2024-02-29 14:35:00. Anne Bootz raconte son long combat contre l’anorexie, un trouble de l’alimentation qui a failli lui coûter la vie, et lance un appel à la vigilance et à l’écoute envers les personnes qui souffrent en silence.
L’entourage d’Anne a rapidement remarqué sa perte de poids alarmante, mais elle-même était aveuglée par une image déformée de son corps. Malgré les inquiétudes grandissantes de ses parents, elle persistait dans une spirale infernale, fixant des objectifs de poids toujours plus bas et trouvant toujours un moyen de saboter ses repas ou de compenser par un exercice physique excessif.
En six mois, la situation s’est aggravée au point que ses parents ont insisté pour qu’elle consulte un diététicien. Anne, initialement réticente, a fini par accepter de l’aide lorsque son corps a commencé à montrer des signes d’épuisement sévère : évanouissements, chutes de cheveux, disparition des règles et une sensation de froid constant, nécessitant l’utilisation permanente d’une bouillotte, même pendant l’activité physique.
L’hospitalisation a été rapide. Un bilan médical a révélé un rythme cardiaque dangereusement bas, mettant sa vie en danger immédiat. « Si je n’avais pas d’aide, je ne survivrais pas. J’étais au bord de la mort », témoigne-t-elle. Pourtant, même face à ce constat alarmant, Anne avait du mal à accepter la réalité de sa maladie, convaincue que tout était exagéré.
Elle a finalement opté pour une prise en charge en clinique spécialisée, pensant naïvement que quelques séances de psychothérapie suffiraient à la guérir. Elle y est restée trois mois, une période qu’elle considère comme décisive. Là-bas, elle a été nourrie de force et a appris à adopter des habitudes alimentaires saines grâce à un plan nutritionnel adapté.
Cependant, la sortie de la clinique n’a pas marqué la fin de son parcours. Il lui a fallu sept années supplémentaires pour se reconstruire véritablement. « Parfois, je faisais un pas en avant, mais je reculais aussi », explique-t-elle. La reprise de l’alimentation a réveillé ses insécurités profondes, et le trouble de l’alimentation lui servait de refuge pour étouffer ses pensées négatives.
Aujourd’hui, Anne se dit rétablie grâce à une thérapie intensive. Elle va bien depuis deux ans et a compris l’importance de s’attaquer aux causes profondes de son trouble. « Si vous ne travaillez pas sur la cause initiale du trouble de l’alimentation, vous continuerez à rechuter », affirme-t-elle. Elle a donc entrepris une thérapie pour explorer ses insécurités et apprendre à les gérer.
Malgré sa guérison, Anne porte encore les séquelles de cette période. L’anorexie a fragilisé son corps, la rendant plus susceptible aux maladies, moins énergique et sujette à des migraines chroniques. « Cela me rend triste, mais je suis reconnaissante de pouvoir à nouveau me faire confiance », confie-t-elle.
À l’approche des fêtes de fin d’année, Anne lance un appel à la vigilance envers les personnes souffrant de troubles de l’alimentation. Elle exhorte à ne pas éviter le sujet, car cela peut renforcer le sentiment de solitude. « Choisissez un moment calme, après le dîner ou lors d’une promenade. Ou simplement encourager quelqu’un », conseille-t-elle. Elle cite l’exemple de sa tante, qui lui a envoyé un simple message : « Sache que je suis là pour toi aujourd’hui. » « Ce seul message peut donner un peu plus de paix à votre neveu, votre sœur ou votre tante. »
Le témoignage d’Anne est disponible dans son livre, La promenade, actuellement en vente ici.
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