Les directeurs des systèmes d’information (DSI) du secteur de la santé sont confrontés à des défis constants. Deux experts chevronnés partagent leurs conseils pour savoir quand envisager une nouvelle étape de carrière, comment aborder les recruteurs et comment évaluer une future organisation.
Lors d’un récent webinaire consacré aux transitions de carrière des cadres, Chuck Christian, vice-président de la technologie/CTO de Franciscan Health, et Chuck Podesta, DSI de Renown Health, ont insisté sur l’importance d’une auto-évaluation honnête. Selon eux, le moment idéal pour envisager un changement survient lorsque le poste actuel cesse de stimuler, d’être en phase avec les objectifs de l’organisation ou d’avoir un impact significatif.
« Il faut vérifier quotidiennement son efficacité, observer l’évolution des relations et de la stratégie, et être lucide sur sa capacité à répondre aux besoins actuels », a souligné Chuck Christian. Il a également insisté sur la nécessité de préparer sa succession avant même d’envisager un départ, afin de garantir la continuité des activités.
Chuck Podesta a quant à lui mis l’accent sur la notion de « mission ». Chaque rôle commence avec un objectif précis. Lorsque cet objectif est atteint et que le travail se limite à la maintenance, il est temps de chercher un nouveau défi. Cette approche permet d’éviter de rester en poste par habitude et de garantir à l’organisation l’énergie nécessaire à la transformation.
En matière de relations avec les recruteurs, Podesta recommande une approche ouverte : « Je ne refuse jamais une prise de contact. » Il considère ces premiers échanges comme une source d’informations précieuses sur le marché et sur les attentes des conseils d’administration. La clé, selon lui, est la transparence. Il est essentiel d’être clair sur ses motivations et de ne pas hésiter à changer d’avis si de nouvelles informations pertinentes apparaissent.
Chuck Christian insiste sur l’intégrité des deux parties. Il conseille aux cadres de vérifier la réputation des cabinets de recrutement et de s’assurer qu’ils sont représentés de manière précise auprès des clients. Il a lui-même renoncé à une collaboration lorsqu’il a détecté une fausse déclaration.
Au-delà du salaire et des avantages, l’élément déterminant est l’équipe de direction que le candidat rejoindra. Podesta invite à observer attentivement la dynamique de l’équipe : qui prend la parole en premier lors des discussions difficiles, comment les dirigeants interagissent entre eux et comment ils gèrent les désaccords. « Si la culture semble fragile ou opaque, aucun titre ni salaire ne compensera le frein à la performance. C’est un environnement toxique », a-t-il averti.
Christian recommande de poser des questions directes sur les attentes et la gouvernance. Il est important de savoir comment l’organisation définit le succès pour le poste, à qui le DSI rend compte et si le conseil d’administration s’intéresse à la technologie et à la qualité. Une attention particulière doit être portée aux organisations qui résistent à l’investissement dans de nouvelles technologies, comme l’intelligence artificielle.
De nombreuses offres d’emploi de DSI correspondent en réalité à des missions de redressement. Podesta suggère de se poser dès le départ les bonnes questions : pourquoi le précédent DSI est-il parti ? Quel est le pourcentage du budget opérationnel consacré à l’informatique par rapport à des organisations similaires ? Les dépenses de maintenance logicielle sont-elles disproportionnées par rapport à l’utilisation des applications ? L’analyse de ces données permet de déterminer rapidement si la priorité doit être donnée à la rationalisation des applications, à la renégociation des contrats ou à une restructuration de l’organisation.
Les deux experts mettent en garde contre la tentation de fixer publiquement une date de départ à la retraite, ce qui peut créer des attentes inutiles. Il est préférable de rester engagé, de préparer sa succession et de donner un préavis suffisant au moment opportun.
Enfin, ils soulignent l’importance de choisir un rôle qui correspond à ses valeurs et à ses aspirations. « Quand ce n’est plus amusant, il est temps de faire autre chose », a conclu Chuck Christian.
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