Publié le 26 novembre 2025 à 11h10. Selon une experte de Harvard, la longévité ne dépend pas uniquement de nos gènes, mais aussi et surtout de nos habitudes de vie : alimentation, exercice, gestion du stress et même santé bucco-dentaire.
- Respirer, se reposer et sourire sont des clés essentielles pour une vie longue et en bonne santé.
- L’épigénétique, l’étude de l’influence de l’environnement et du mode de vie sur l’expression des gènes, joue un rôle crucial dans le processus de vieillissement.
- Une alimentation riche en végétaux, une activité physique régulière et la prévention de l’inflammation sont des piliers d’une vie plus longue et plus saine.
La longévité n’est pas une question de simple héritage génétique. C’est une équation complexe où nos choix quotidiens pèsent autant, voire plus, que notre code ADN. C’est le message clair délivré par Immaculée De Vivo, professeure à la Harvard Medical School et figure de proue de la recherche génétique appliquée au cancer.
« Notre mode de vie est une véritable calligraphie biologique qui façonne notre génome », explique la professeure De Vivo, co-auteure de l’ouvrage Respirer, se reposer et sourire, les clés pour vivre longtemps (éd. Sperling&Kupfer). « Alimentation, stress, pollution, relations sociales, sommeil… tout laisse une empreinte moléculaire. » Contrairement à la génétique, qui est relativement figée, l’épigénome est malléable. Il évolue, s’adapte, se modifie, et peut s’améliorer ou se détériorer. C’est dans cette dynamique que se joue notre vieillissement, non pas en termes d’apparence physique, mais en termes de temps biologique : inflammation chronique, dégradation cellulaire, affaiblissement du système immunitaire et déclin des fonctions cognitives.
Quel est le lien entre l’ADN et la longévité, et que pouvons-nous faire concrètement pour vivre plus longtemps et en meilleure santé ?
« Il existe un lien étroit entre l’ADN et la longévité. Nos gènes établissent une base, mais notre mode de vie influence la façon dont l’ADN vieillit, notamment à travers le raccourcissement des télomères et les changements épigénétiques. Nous pouvons vivre plus longtemps et mieux en protégeant le vieillissement cellulaire avec des habitudes saines. »
Immaculée De Vivo, professeure à la Harvard Medical School
L’alimentation occupe une place centrale dans cette équation. « L’alimentation est un outil puissant pour lutter contre le vieillissement », souligne la professeure De Vivo. « Les règles de base consistent à privilégier les aliments d’origine végétale, en particulier les légumes et les fruits, les céréales complètes et les graisses saines, tout en limitant la consommation de sucres et d’aliments ultra-transformés. Ces choix réduisent les dommages cellulaires et favorisent une expression génétique saine. »
La prévention de l’inflammation est également cruciale. « Une inflammation chronique de faible intensité accélère le vieillissement biologique et augmente le risque de maladies liées à l’âge », explique l’experte. « Les choix de vie qui réduisent l’inflammation contribuent à ralentir ce processus. » L’obésité, en particulier, est un facteur aggravant, car l’excès de tissu adipeux alimente l’inflammation, le stress oxydatif et le dysfonctionnement métabolique.
L’activité physique est un autre pilier de la longévité. « L’exercice agit comme un levier de protection », affirme la professeure De Vivo. « Les adultes devraient bouger régulièrement la plupart des jours de la semaine, en combinant exercices aérobiques et musculation. Même une activité modérée a des effets mesurables sur les télomères et les marqueurs épigénétiques, et avec l’âge, le besoin augmente légèrement pour contrecarrer le déclin musculaire et métabolique naturel. »
Enfin, un aspect souvent négligé : la santé bucco-dentaire. « Les maladies des gencives et une mauvaise hygiène bucco-dentaire augmentent l’inflammation systémique, qui contribue au vieillissement et au risque de maladies chroniques », met en garde la professeure De Vivo. « Prendre soin de sa bouche est donc essentiel pour une longévité globale. »
Le stress, enfin, laisse une empreinte biologique significative, modifiant les niveaux d’hormones, augmentant l’inflammation et influençant les modèles épigénétiques. Sa gestion est donc primordiale. Et même le bien-être psychologique, notamment la capacité à pardonner, peut jouer un rôle positif en réduisant la charge de stress, en améliorant l’équilibre émotionnel et en diminuant les réponses inflammatoires.



