Publié le 24 octobre 2024. Des chercheurs américains ont identifié une nouvelle stratégie prometteuse pour améliorer l’efficacité des traitements contre le cancer du poumon non à petites cellules, en stabilisant une protéine clé qui freine la croissance tumorale et en limitant l’apparition de résistances médicamenteuses.
- Une nouvelle approche thérapeutique cible la protéine PP2A pour contrer la résistance aux traitements existants.
- Des tests en laboratoire et sur des modèles animaux ont montré une réduction de la taille des tumeurs et un ralentissement du développement de résistances.
- Des essais cliniques en collaboration avec les sociétés pharmaceutiques SpringWorks Therapeutics et Merck sont prévus prochainement.
Le cancer du poumon représente la deuxième cause de cancer la plus fréquente et la première cause de décès par cancer aux États-Unis. Plus de 80 % des diagnostics concernent le cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC), une forme caractérisée par une progression généralement plus lente que celle du cancer du poumon à petites cellules.
Environ 30 % des CPNPC présentent des mutations du gène KRAS, un gène impliqué dans la croissance et la division cellulaire. Ces mutations sont souvent associées à un pronostic moins favorable et à une résistance accrue aux thérapies conventionnelles. Si plusieurs médicaments ciblant KRAS ont été approuvés pour le traitement des cancers du pancréas, colorectal et du poumon, leur efficacité est souvent de courte durée, les cellules tumorales développant rapidement des mécanismes de résistance.
Une équipe de l’Université du Michigan a concentré ses recherches sur la phosphatase 2A (PP2A), une protéine connue pour son rôle inhibiteur sur le développement du cancer du poumon. PP2A est un complexe composé de trois protéines qui doivent s’assembler pour fonctionner correctement. Or, une désorganisation de ce complexe est fréquemment observée dans les cancers du poumon, de la prostate et du foie.
Les chercheurs ont émis l’hypothèse que la stabilisation du complexe PP2A pourrait freiner la croissance tumorale. Leurs travaux, publiés dans le Journal of Clinical Investigation – JCI, ont révélé que les médicaments anticancéreux adagrasib et trametinib, utilisés pour cibler KRAS, déstabilisent en réalité le complexe PP2A, ce qui pourrait expliquer l’émergence de résistances.
En ajoutant un composé expérimental, baptisé RPT04402, agissant comme une « colle moléculaire », l’équipe a réussi à stabiliser le complexe PP2A, induisant ainsi la mort des cellules cancéreuses. Ces résultats ont été confirmés sur des modèles animaux, où l’administration de RPT04402 a entraîné une réduction significative de la taille des tumeurs.
Dans des modèles murins, la combinaison d’adagrasib ou de trametinib avec RPT04402 a retardé l’apparition de la résistance aux traitements et augmenté leur efficacité sur une période de 150 jours. Cependant, les chercheurs soulignent qu’il est encore prématuré d’affirmer que cette combinaison sera efficace dans tous les cas de CPNPC, et que les résultats actuels semblent plus pertinents pour environ 20 à 30 % des patients.
L’équipe prévoit de lancer prochainement des essais cliniques en collaboration avec les sociétés pharmaceutiques SpringWorks Therapeutics et Merck. Ils envisagent également d’étendre leurs investigations à d’autres types de tumeurs présentant des mutations KRAS, comme le cancer du pancréas ou colorectal, afin d’évaluer le potentiel de cette approche thérapeutique combinée.
Il est important de noter que RPT04402 est un composé expérimental et n’a pas encore reçu l’approbation des autorités de santé pour une utilisation clinique.