Publié le 25 décembre 2025 à 14h25. L’administration américaine a élargi sa liste de pays soumis à des restrictions de voyage, incluant désormais Antigua-et-Barbuda et la Dominique, au nom de la sécurité nationale. Cette décision, justifiée par des failles présumées dans les procédures de vérification des antécédents, suscite des réactions immédiates dans les deux pays caribéens.
- Les États-Unis ont ajouté Antigua-et-Barbuda et la Dominique à la liste des pays dont les citoyens sont soumis à des restrictions d’entrée.
- Washington justifie cette mesure par des lacunes dans les systèmes d’évaluation et de vérification des antécédents des demandeurs de visa.
- Les gouvernements de la Dominique et d’Antigua-et-Barbuda ont exprimé leur surprise et entamé des négociations avec les autorités américaines.
La Maison Blanche a annoncé cette semaine l’extension des restrictions de voyage aux États-Unis, incluant Antigua-et-Barbuda et la Dominique sur la liste des pays soumis à ces mesures. L’administration Trump invoque des préoccupations liées à la sécurité nationale, soulignant des « carences persistantes » dans les systèmes d’évaluation, de vérification et de coopération en matière d’échange d’informations de ces nations.
Selon des sources officielles, cette extension vise à « protéger le peuple américain » contre d’éventuelles menaces. La Maison Blanche a déclaré :
« Il est du devoir du président de prendre des mesures pour garantir que ceux qui tentent d’entrer dans notre pays ne nuisent pas au peuple américain. »
Maison Blanche
Elle précise que les restrictions sont spécifiques à chaque pays et prévoient des exceptions.
Le gouvernement américain explique que ces mesures ne constituent pas une interdiction totale, mais plutôt un « régime de contrôle renforcé ». Des dérogations sont prévues pour les résidents permanents légaux, les titulaires de visas déjà accordés, les diplomates, les sportifs et les personnes dont la présence est jugée d’intérêt national.
Au cœur de cette décision se trouve la question de la citoyenneté obtenue par des programmes d’investissement sans exigence de résidence effective, proposés par les deux pays caribéens. Washington estime que ces systèmes, qui permettent d’acquérir un passeport en échange d’un investissement économique, présentent un risque potentiel en l’absence de contrôles et de vérifications d’antécédents rigoureux.
La réaction de la Dominique a été immédiate. Le Ministère des Affaires étrangères a annoncé avoir entamé des négociations avec les responsables américains pour
« obtenir des éclaircissements formels sur la portée des mesures, la base sur laquelle elles ont été prises et les implications spécifiques pour les voyageurs, étudiants, familles et autres titulaires légitimes de visas américains dominicains. »
Ministère des Affaires étrangères de la Dominique
Le gouvernement dominicain a assuré qu’il continuerait à collaborer étroitement avec les autorités américaines pour résoudre les problèmes identifiés et protéger les intérêts de ses citoyens. Dominique News Online a rapporté cette déclaration.
Le Premier ministre d’Antigua-et-Barbuda, Gaston Browne, a également exprimé son désaccord, contestant l’interprétation américaine des programmes de résidence de son pays. Il a déclaré :
« Cela ne reflète pas la réalité actuelle de nos lois. »
Gaston Browne, Premier ministre d’Antigua-et-Barbuda
Son administration cherche à
« clarifier la question, présenter des informations complètes et exactes et engager un processus de résolution en vue de rétablir l’accès normal aux visas pour les citoyens d’Antigua-et-Barbuda. »
Gaston Browne, Premier ministre d’Antigua-et-Barbuda
Antigua News Room a publié ses déclarations.
Il est à noter qu’Antigua-et-Barbuda et la Dominique bénéficient actuellement d’une alerte voyage de niveau 1 du Département d’État américain, le niveau le plus bas de son système d’alerte, recommandant aux voyageurs de « prendre les précautions d’usage ». Les citoyens américains peuvent entrer dans ces destinations sans visa.
L’extension des restrictions ne se limite pas aux Caraïbes. Le décret présidentiel inclut également des restrictions partielles pour plusieurs pays d’Afrique et d’Océanie, notamment l’Angola, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Gabon, la Gambie, le Malawi, la Mauritanie, le Nigeria, le Sénégal, la Tanzanie, les Tonga, la Zambie et le Zimbabwe. Cinq nouveaux pays ont également été ajoutés à la liste des interdictions totales, qui comprend déjà l’Afghanistan, l’Iran, la Somalie, le Soudan et le Yémen : le Soudan du Sud et la Syrie.
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