Publié le 2024-02-29 14:35:00. Une nouvelle espèce humaine, Homo juluensis, vient d’être identifiée en Chine, révélant une complexité insoupçonnée dans l’histoire de l’évolution humaine et la diversité des hominidés ayant peuplé l’Asie de l’Est.
- Des scientifiques ont découvert les restes fossiles de 16 individus de cette espèce éteinte sur le site archéologique de Xujiayao.
- Homo juluensis se distinguait par un crâne exceptionnellement volumineux, plus grand que celui des Néandertaliens et des humains modernes.
- L’étude suggère que cette espèce pourrait être liée aux Dénisoviens et que l’évolution humaine en Asie de l’Est était plus diversifiée qu’on ne le pensait.
La découverte de Homo juluensis, dont le nom fait référence à la région de Julu dans la province du Hebei, en Chine, apporte un nouvel éclairage sur la mosaïque complexe des populations humaines ayant coexisté pendant le Quaternaire. Les restes fossiles, datés d’environ 200 000 ans, présentent des caractéristiques uniques qui distinguent cette espèce des autres hominidés connus.
Le crâne de Homo juluensis est particulièrement remarquable. Sa capacité crânienne variait entre 103 et 109 pouces cubes (environ 1 690 à 1 785 centimètres cubes), surpassant largement les 88 pouces cubes (environ 1 440 centimètres cubes) des Néandertaliens et les 82 pouces cubes (environ 1 350 centimètres cubes) des humains modernes. Cette taille importante suggère une capacité cérébrale potentiellement développée.
Les chercheurs ont également mis au jour, sur le site de Xujiayao, des outils en pierre, des artefacts et des ossements d’animaux associés aux restes de Homo juluensis. Ces découvertes témoignent d’un mode de vie adaptatif, où la chasse jouait un rôle central. L’analyse des ossements d’animaux indique que cette espèce se nourrissait principalement de chevaux sauvages, exploitant toutes les parties de l’animal – viande, moelle osseuse, cartilage – et utilisant les peaux pour se protéger du froid.
« Des initiatives de recherche récentes en Chine et en Asie de l’Est au sens large montrent clairement que plusieurs lignées d’hominidés étaient présentes à la fin du Quaternaire »,
Christopher Bae, co-auteur de l’étude
La période du Quaternaire, débutant il y a environ 300 000 ans, a été marquée par des fluctuations climatiques importantes, notamment des périodes glaciaires qui ont entraîné l’extinction de nombreuses espèces. Dans ce contexte difficile, Homo juluensis semble avoir vécu isolé, en petits groupes, ce qui le rendait particulièrement vulnérable.
L’arrivée des premiers humains modernes hors d’Afrique, il y a environ 120 000 ans, a probablement conduit à des rencontres et à une concurrence avec les populations indigènes, telles que les Néandertaliens et Homo juluensis. Il est probable que les populations locales aient été progressivement supplantées par les nouveaux arrivants.
Des similitudes dentaires ont été observées entre Homo juluensis et les Dénisoviens, une population humaine ancienne identifiée grâce à des restes découverts en Sibérie. Les molaires de ces deux espèces étaient inhabituellement grandes, avec des surfaces de mastication presque identiques. Cette observation a conduit certains chercheurs à suggérer que les Dénisoviens pourraient ne pas constituer une espèce distincte, mais plutôt une population au sein de la lignée Homo juluensis.
Selon l’étude, publiée dans la revue Nature, Homo juluensis serait apparu suite à un mélange génétique avec des humains anciens, avant de s’adapter aux changements environnementaux de la fin du Quaternaire. Son extinction serait le résultat d’une combinaison de défis environnementaux et de la concurrence avec l’homme moderne.
Ces découvertes remettent en question les modèles traditionnels de l’évolution humaine et soulignent la nécessité d’approfondir les recherches en Asie de l’Est pour mieux comprendre la complexité de notre histoire évolutive. L’équipe de chercheurs conclut que la diversité des fossiles de cette région est plus importante qu’on ne le pensait, enrichissant ainsi notre compréhension des intrications de l’évolution humaine.
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