Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a esquissé une feuille de route ambitieuse pour mettre fin au conflit avec la Russie, proposant le statut de zone économique libre et démilitarisée pour le Donbass, sous surveillance internationale, en échange d’un retrait complet des troupes russes. Cette proposition, au cœur de négociations récentes en Floride, pourrait débloquer des discussions cruciales sur l’avenir de la région et de la centrale nucléaire de Zaporizhzhia.
Selon Zelensky, cette initiative, qui doit être soumise à un référendum, impliquerait un retrait réciproque des forces russes et ukrainiennes du Donbass. La région deviendrait alors une zone économique libre, surveillée par une force internationale afin de garantir le respect des accords. Un arrangement similaire pourrait être envisagé pour les environs de la centrale nucléaire de Zaporizhzhia, actuellement sous contrôle russe.
Les négociations, qui se sont intensifiées ces derniers jours avec l’implication de représentants américains, portent également sur la question des garanties de sécurité pour l’Ukraine. Zelensky a précisé que les États-Unis envisagent des mesures sans précédent pour assurer la sécurité de l’Ukraine en cas de nouvelle agression russe, rappelant l’article 5 de l’OTAN.
Le Kremlin a réagi avec prudence à ces propositions. Le porte-parole Dmitri Peskov a indiqué que Moscou examinerait la position ukrainienne après avoir pris connaissance des détails transmis par son envoyé Kirill Dmitriev, qui a rencontré des responsables américains en Floride. Cependant, la Russie n’a donné aucun signe d’acceptation d’un retrait de ses troupes des territoires occupés, insistant toujours sur la nécessité pour l’Ukraine de céder le contrôle total du Donbass.
Zelensky a reconnu que la question du contrôle du Donbass, où la Russie a conquis la majeure partie de Louhansk et environ 70 % de Donetsk, représente « le point le plus difficile » des négociations. Il a souligné la nécessité de discussions directes entre les dirigeants des deux pays pour trouver une solution.
Concernant la centrale nucléaire de Zaporizhzhia, les États-Unis ont initialement proposé un consortium tripartite (Ukraine, États-Unis, Russie) avec une participation égale. Zelensky a contre-proposé une coentreprise entre l’Ukraine et les États-Unis, laissant aux Américains la liberté de répartir leur part, y compris en la cédant partiellement à la Russie. « Comment peut-on, après tout, avoir un commerce commun avec les Russes ? », s’est-il interrogé.
Les discussions se poursuivent également sur la reconstruction de l’Ukraine et son intégration économique. Zelensky a évoqué la nécessité d’un programme de développement mondial massif, avec la création d’un fonds d’investissement ciblant des secteurs clés tels que la technologie, les centres de données et l’intelligence artificielle. L’objectif est d’attirer 800 milliards de dollars (environ 740 millions d’euros) de capitaux propres, de subventions, de prêts et de contributions du secteur privé.
Le projet de travail américano-ukrainien prévoit également le retrait des forces russes des régions de Dnipropetrovsk, Mykolaïv, Soumy et Kharkiv. Zelensky envisage le déploiement de forces internationales le long de la ligne de contact dans la zone économique libre pour surveiller la mise en œuvre de l’accord et prévenir toute infiltration.
Enfin, le document propose d’organiser des élections en Ukraine après la signature de l’accord de paix, malgré le report du scrutin initialement prévu en mai 2024 en raison de l’invasion russe. L’Ukraine demande également la libération immédiate de tous les prisonniers de guerre et des civils détenus depuis 2014, date de l’annexion illégale de la Crimée par la Russie.
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