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La Chine développe un acier à faibles émissions avec une usine DRI à l’échelle industrielle, évitant ainsi plus de 3 millions de tonnes d’émissions annuelles

Publié le 26 décembre 2025 11:29:00. La Chine a mis en service début 2024 une nouvelle ligne de production d'acier à faibles émissions dans la ville de Zhanjiang, marquant une étape importante dans la décarbonation de son industrie…

La Chine développe un acier à faibles émissions avec une usine DRI à l’échelle industrielle, évitant ainsi plus de 3 millions de tonnes d’émissions annuelles

Publié le 26 décembre 2025 11:29:00. La Chine a mis en service début 2024 une nouvelle ligne de production d’acier à faibles émissions dans la ville de Zhanjiang, marquant une étape importante dans la décarbonation de son industrie sidérurgique, bien que l’utilisation de l’hydrogène vert soit encore à venir.

  • La nouvelle ligne utilise la réduction directe du fer (DRI) pour éviter l’utilisation de coke.
  • Elle fonctionne actuellement au gaz naturel, mais est conçue pour être compatible avec l’hydrogène.
  • Elle permet de réduire les émissions de carbone de 50 à 80 % par rapport aux procédés traditionnels.

L’inauguration de cette ligne industrielle à Zhanjiang, dans le sud de la Chine, témoigne d’une volonté affichée de moderniser le secteur sidérurgique et de réduire son impact environnemental. Loin d’être une solution miracle, cette installation représente une étape cruciale dans une transition progressive vers une production d’acier plus durable.

La technologie employée, la réduction directe du fer (DRI), n’est pas nouvelle. Utilisée depuis plusieurs décennies dans le monde entier, elle permet de produire environ 144 millions de tonnes d’acier par an, contre une production mondiale totale avoisinant les 1,9 milliard de tonnes. L’innovation réside dans son application à grande échelle et dans la perspective d’une future utilisation de l’hydrogène.

Le principal avantage du DRI est qu’il élimine le recours au coke, un combustible fortement polluant, et permet de réduire le minerai de fer à l’aide de gaz, diminuant ainsi considérablement les émissions de CO₂. Même avec l’utilisation actuelle de gaz naturel, les émissions sont moins importantes que celles générées par les hauts fourneaux conventionnels.

L’usine de Zhanjiang a été conçue dès le départ pour être « prête pour l’hydrogène ». Elle pourra fonctionner avec des mélanges de méthane et d’hydrogène, puis à terme avec de l’hydrogène pur, lorsque la production d’hydrogène renouvelable sera suffisante et économiquement viable. Cette flexibilité technologique est un atout majeur pour l’avenir.

Le fer réduit directement est ensuite transformé dans des fours électriques à haut rendement, optimisant ainsi la performance énergétique globale du processus. L’impact environnemental final dépendra en grande partie de la composition du réseau électrique qui alimente ces fours. Plus le réseau sera alimenté par des sources d’énergie renouvelable, plus l’empreinte carbone de l’acier produit sera réduite.

En fonction des conditions d’exploitation et de l’approvisionnement énergétique, cette ligne de production peut réduire les émissions de carbone de 50 à 80 % par rapport aux méthodes traditionnelles. Bien que cela ne résolve pas complètement le problème, il s’agit d’une amélioration significative.

Au-delà de la réduction des émissions de CO₂, la mise en œuvre de ce type de procédés contribue à une nette diminution des polluants atmosphériques. Entre 2021 et 2025, les émissions de dioxyde de soufre, de particules fines et d’oxydes d’azote ont diminué de plus de 25 % dans la région.

Ces améliorations ont un impact direct sur la qualité de l’air, la santé publique et la pression environnementale dans les zones industrielles densément peuplées. Ces bénéfices locaux sont souvent sous-estimés, mais ils sont tout aussi importants que les bénéfices climatiques.

Cette initiative s’inscrit pleinement dans la stratégie industrielle chinoise, qui a fait de la modernisation et de l’efficacité du secteur sidérurgique une priorité lors du 14e plan quinquennal (2021-2025). Entre 2021 et 2024, 126 nouvelles usines classées « vertes » ont été certifiées, dont beaucoup sont liées à des améliorations énergétiques, à l’électrification et à l’utilisation du DRI.

Par ailleurs, les efforts en matière d’efficacité énergétique ont permis d’économiser l’équivalent de 10,5 millions de tonnes de charbon standard en 2024, évitant ainsi environ 27,5 millions de tonnes de CO₂. Ces chiffres, bien que conséquents, témoignent d’une approche pragmatique basée sur l’accumulation de petites et moyennes améliorations.

La véritable valeur de cette ligne de production réside dans sa capacité à préparer le terrain pour l’avenir. Il s’agit d’une infrastructure qui fonctionne déjà aujourd’hui avec des émissions réduites et qui pourra s’améliorer encore davantage demain.

Combinée à l’utilisation d’hydrogène renouvelable, à des réseaux électriques plus propres et à des politiques favorisant l’acier à faible empreinte carbone, ce modèle pourrait être étendu et reproduit à grande échelle. La transition industrielle ne se fait pas par des bonds spectaculaires, mais par des décisions techniques réussies, prises une par une.

Ce n’est pas la fin du chemin, mais une courbe descendante. Et dans l’industrie lourde, cela est encourageant.

Via CGTN

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.