Publié le 26 décembre 2023. La Journée internationale de préparation aux épidémies, célébrée aujourd’hui, souligne l’importance cruciale d’investir durablement dans la prévention, la détection précoce et la réponse rapide face aux menaces sanitaires, alors que de nouvelles résurgences de maladies infectieuses sont observées à travers le monde.
- La préparation aux épidémies ne doit pas être une réaction ponctuelle aux crises, mais une capacité continue à financer, pratiquer et améliorer.
- Une surveillance intégrée, incluant la détection des eaux usées et le séquençage génomique, est essentielle pour identifier rapidement les nouvelles variantes.
- Un financement prévisible et un investissement dans les ressources humaines sont indispensables pour renforcer durablement la préparation aux épidémies.
Alors que la lassitude liée à la pandémie de Covid-19 est palpable, les signaux d’alerte persistent : résurgence de la rougeole, expansion de la dengue, évolution de la grippe et résistance croissante aux antimicrobiens. La Journée internationale de préparation aux épidémies, instituée par l’Organisation des Nations unies, rappelle que les agents pathogènes ne connaissent ni frontières ni calendriers. La seule défense efficace réside dans un système de santé capable de prévenir, détecter et répondre rapidement aux menaces sanitaires.
La prévention constitue la première ligne de défense. Elle passe par des soins de santé primaires solides et une approche “One Health” qui prend en compte l’interface entre la santé humaine, animale et environnementale. Cela implique la vaccination systématique, une ventilation adéquate et une hygiène environnementale rigoureuse dans les écoles et les établissements de santé, ainsi que des chaînes d’approvisionnement plus sûres en eau et en assainissement. L’accès fiable aux équipements de protection individuelle est également primordial. Les hôpitaux et les centres de soins de longue durée doivent intégrer la prévention et le contrôle des infections dans leurs opérations quotidiennes, en mettant l’accent sur l’hygiène des mains, l’entretien des appareils et la gestion des antimicrobiens. Investir dans la confiance du public est également essentiel : une population qui croit en son système de santé sera plus encline à consulter rapidement et à accepter les vaccins.
La détection précoce est tout aussi cruciale. Chaque minute compte lorsqu’un foyer épidémique inhabituel est identifié. Cela nécessite une surveillance intégrée capable de “voir” à la fois dans les établissements de soins et sur le terrain, grâce à la notification électronique des cas, des réseaux de laboratoires dotés de capacités de pointe et au séquençage génomique permettant d’identifier les nouvelles variantes avant qu’elles ne se propagent. Des outils complémentaires, tels que la surveillance des eaux usées, la surveillance syndromique dans les services d’urgence et les diagnostics rapides sur le lieu de soins, peuvent contribuer à réduire le délai entre l’apparition du premier cas et le signalement d’une épidémie. L’interopérabilité des données et des analyses est également essentielle pour fournir des informations pertinentes et exploitables aux équipes de première ligne, tout en garantissant la confidentialité des patients. La technologie doit faciliter le travail du personnel de santé publique et clinique, et non le compliquer davantage.
Une réponse rapide et efficace repose sur des plans d’action éprouvés et un personnel préparé. Chaque juridiction et système de santé devrait maintenir une structure de commandement en cas d’incident permanente, des contrats pré-établis pour le personnel, l’oxygène et les fournitures essentielles, et organiser des exercices réguliers impliquant les partenaires communautaires, les écoles, les refuges et les organisations religieuses et civiques. Une communication claire et transparente sur les risques – en étant honnête sur les incertitudes, cohérente sur tous les canaux et disponible dans plusieurs langues – renforce la confiance et lutte contre la désinformation. L’équité doit être une priorité : les sites de dépistage, la vaccination mobile et l’accès aux traitements doivent d’abord atteindre les populations les plus vulnérables.
Le niveau de préparation dépend directement d’un financement prévisible, flexible et responsable. Des budgets nationaux dédiés et des fonds de réserve permettent d’éviter le cycle habituel de panique et de négligence. De même, l’investissement dans les ressources humaines est essentiel, notamment en recrutant et en formant des épidémiologistes de terrain, des laborantins, des spécialistes de la prévention des infections, des équipes de services environnementaux, des agents de santé communautaires et des scientifiques des données. La formation croisée et le temps dédié aux exercices permettent de transformer les politiques en réflexes.
Ce que les décideurs peuvent faire dès maintenant :
- Fixer des objectifs mesurables (par exemple, délai de détection, délai d’isolement, couverture vaccinale, état de préparation des stocks) et publier les progrès.
- Moderniser les systèmes de données pour permettre aux laboratoires et aux cliniques de produire des rapports unifiés et de réutiliser les données.
- Améliorer l’infrastructure des établissements de santé, notamment la circulation de l’air, la capacité d’isolement et l’hygiène environnementale, ainsi que les outils numériques.
- Financer des évaluations post-action régulières et tirer les leçons des expériences passées.
- Impliquer les communautés dès le début et co-concevoir des plans avec les populations les plus touchées.
Les épidémies exploitent nos faiblesses et nos divisions. Le 27 décembre – et chaque jour qui précède et qui suit – la préparation exige de nous d’agir tôt, d’agir ensemble et d’agir sur la base de preuves scientifiques. Le retour sur investissement se mesure non seulement en vies sauvées lors de la prochaine urgence, mais aussi en systèmes de santé plus solides et plus résilients tout au long de l’année.
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